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Auteur

Ibn Abī Zarʿ

أبو الحسن علي بن عبد الله بن أبي زرع

1 livre

À propos de l'auteur

Ibn Abī Zarʿ (m. vers 1315), chroniqueur de Fès, auquel est attribué le « Rawḍ al-Qirṭās ». Son ouvrage retrace les dynasties marocaines depuis les Idrissides jusqu'aux Mérinides et double ce récit d'une histoire de sa ville. Les historiens modernes l'emploient avec précaution — chronologie parfois fautive, propos favorable aux Mérinides — mais il conserve quantité d'informations qu'aucune autre source ne transmet.

Un chroniqueur de Fès

Abū al-Ḥasan ʿAlī b. ʿAbd Allāh b. Abī Zarʿ al-Fāsī écrit à Fès au début du XIVe siècle, sous les Mérinides. On sait peu de choses de lui en dehors de son livre, et c'est presque toujours le cas des chroniqueurs de cour : ils sont connus par ce qu'ils rapportent, non par ce qu'on rapporte d'eux.

« Rawḍ al-qirṭās »

Son ouvrage porte un titre orné — « le compagnon divertissant, jardin de papier » — suivi de son objet réel : les rois du Maghreb et l'histoire de la ville de Fès. Il est au fonds en 752 pages. Il couvre les Idrissides, les Almoravides, les Almohades et les premiers Mérinides, et il est pour plusieurs de ces périodes le seul récit continu qu'on possède.

Fès comme sujet

La seconde moitié du titre n'est pas décorative : le livre est autant une histoire de Fès qu'une histoire de dynasties. On y trouve la fondation de la ville, ses quartiers, ses mosquées, ses conduites d'eau, ses marchés. Pour la topographie d'une capitale médiévale, c'est une source d'un genre rare — la plupart des chroniques ne regardent que les souverains.

Indispensable et douteux

Sa réputation tient en ces deux mots. Ibn Khaldūn s'en sert et le corrige ; les historiens modernes relèvent des dates fausses, des généalogies arrangées et une crédulité marquée sur les origines idrissides. Et pourtant on ne peut pas s'en passer, parce que pour des décennies entières il n'y a rien d'autre. C'est la situation ordinaire de l'historien du Maghreb médiéval.

Une commande

Le livre a été composé pour un souverain mérinide. Cela explique une part de ses partis pris : la dynastie régnante y trouve une légitimité et une profondeur, ses prédécesseurs y sont traités selon qu'ils annoncent ou retardent son avènement. Savoir qui paie ne dispense pas de lire ; cela indique où regarder de plus près.

Une paternité contestée

L'attribution même du livre est discutée : des manuscrits et des notices anciennes le donnent à un autre auteur, et l'on a supposé que le texte reçu est l'abrégé d'un ouvrage plus ample. La question n'est pas tranchée. Elle a une conséquence pratique : ce qu'on cite comme « Ibn Abī Zarʿ » est peut-être le travail de deux hommes séparés d'une génération.

Ce qu'un chroniqueur conserve sans le vouloir

Les listes qui encombrent ce genre de livres — gouverneurs, cadis, montants d'impôts, dates de construction — sont précisément ce qui a le plus de valeur aujourd'hui, et ce à quoi l'auteur attachait le moins d'importance. Ses jugements sur les dynasties ont vieilli ; ses énumérations, non. On lit une chronique médiévale contre son intention.

À côté d'une autre histoire partisane

Cette bibliothèque tient aussi la section maghrébine des « ʿUyūn al-akhbār » d'Idrīs ʿImād al-Dīn, qui raconte l'implantation fatimide en Ifrīqiya du point de vue de la communauté ismaélienne. Les deux livres traitent en partie des mêmes décennies depuis des positions opposées, et chacun est, pour ce qu'il rapporte, à peu près seul. Les lire l'un contre l'autre est le seul contrôle disponible.

L'édition

Le texte a été édité et traduit à plusieurs reprises depuis le XIXe siècle, et il a servi de base à l'histoire du Maroc telle qu'elle s'est écrite au XXe. Une partie des erreurs de dates qu'on trouve dans des ouvrages de vulgarisation récents remonte directement à lui, par l'intermédiaire de manuels qui l'avaient suivi sans le vérifier.

Sept cent cinquante-deux pages muettes

Le volume est un scan sans couche de texte : un signe par page. Pour une chronique, c'est le cas le plus coûteux, et je l'ai déjà écrit à propos d'Idrīs ʿImād al-Dīn et d'Ibn ʿAbd al-Barr. On n'ouvre pas ce livre pour le lire d'un bout à l'autre : on y cherche un nom de gouverneur, une date de fondation, une tribu. Sans texte, il faut parcourir sept cent cinquante-deux pages d'images pour une vérification d'une seconde.