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ʿAbd al-Raḥmān Badawī

Auteur

ʿAbd al-Raḥmān Badawī

عبد الرحمن بدوي

19 livres

À propos de l'auteur

ʿAbd al-Raḥmān Badawī (1917–2002), philosophe égyptien, pionnier de l’existentialisme arabe et infatigable éditeur-traducteur ; auteur de quelque 150 ouvrages, il a introduit la philosophie occidentale dans le monde arabe.

Formation

ʿAbd al-Raḥmān Badawī naît en 1917 à Sharabāṣ, dans le delta égyptien. Il étudie la philosophie à l'Université du Caire auprès de Ṭāhā Ḥusayn et de maîtres français, puis soutient en 1944 la première thèse de doctorat en philosophie jamais dirigée et défendue en Égypte : al-Zamān al-wujūdī, que la bibliothèque conserve.

L'existentialisme arabe

Cette thèse fonde ce qu'on appellera l'existentialisme arabe. Badawī y lit Heidegger et Kierkegaard pour poser le temps comme structure de l'existence et non comme cadre. Dirāsāt fī l-falsafa al-wujūdiyya, également au fonds, en développe le programme — le premier exposé de cette philosophie écrit en arabe par un philosophe et non par un traducteur.

L'éditeur de textes

Son travail le plus durable est philologique : Arisṭū ʿinda l-ʿArab, au catalogue, publie des textes aristotéliciens arabes inédits d'après les manuscrits. Il a ainsi édité des dizaines de volumes du corpus gréco-arabe, rendant lisible la chaîne par laquelle la philosophie grecque est passée en arabe.

Le traducteur

Il a fait passer en arabe Nietzsche, Schopenhauer, Spinoza, et le Faust de Goethe — les trois premiers et le Faust sont ici. Al-Dīwān al-sharqī lil-muʾallif al-gharbī, que le fonds conserve aussi, est sa version du Divan occidental-oriental, où Goethe répondait à Ḥāfiẓ : un livre qui referme la boucle qu'il n'a cessé de parcourir.

Le soufisme

Shaṭaḥāt al-ṣūfiyya, Ibn ʿArabī : ḥayātuhu wa-madhhabuhu, Rābiʿa al-ʿAdawiyya et al-Insān al-kāmil fī l-islām — tous au catalogue — traitent la mystique en historien de la philosophie : il édite les textes, date les doctrines et refuse l'édification. Shaṭaḥāt reste l'étude de référence sur les paroles extatiques.

L'encyclopédiste

Mawsūʿat al-falsafa, en deux volumes, et Mawsūʿat al-mustashriqīn, tous deux ici, sont l'œuvre d'un seul homme là où d'autres langues emploient des équipes. La seconde recense les orientalistes et juge leurs travaux — instrument de travail et prise de position sur la manière dont l'Occident a lu l'islam.

Les livres de défense

Difāʿ ʿan Muḥammad ḍidd al-muntaqiṣīn min qadrih, présent au fonds, répond aux attaques portées contre le Prophète par des auteurs européens. Le philosophe qui traduisait Nietzsche et le polémiste qui défend la tradition sont le même homme — c'est l'une des tensions que ses vingt-quatre titres donnent à lire.

Exil et fin

Il quitte l'Égypte en 1967 et enseigne en Libye, au Koweït, puis s'installe à Paris, où il écrit et édite pendant trente ans. Il rentre au Caire peu avant sa mort, en 2002. On lui attribue plus de cent cinquante ouvrages, entre écrits, éditions et traductions.