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David Ben Gourion

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David Ben Gourion

دافيد بن غوريون

1 livre

À propos de l'auteur

David Ben Gourion (1886–1973), homme d'État israélien, chef de l'Agence juive puis premier chef du gouvernement d'Israël, dont il proclama l'indépendance en 1948. Né en Pologne, il émigra en Palestine ottomane en 1906 et fut la figure centrale du sionisme travailliste. Il tint tout au long de la guerre de 1948 un journal quotidien de ses décisions.

Płońsk, 1886

David Grün naît en 1886 à Płońsk, dans la partie de la Pologne alors sous domination russe. Son père, homme de loi sans diplôme, appartenait aux cercles sionistes naissants. Il émigre en 1906 en Palestine ottomane, y travaille comme ouvrier agricole, et hébraïse son nom en Ben-Gourion. Il a vingt ans.

Organiser avant de gouverner

Son ascension ne passe pas par les armes ni par l'élection mais par l'appareil : secrétaire général de la centrale syndicale à partir de 1921, puis président de l'exécutif de l'Agence juive à partir de 1935. Pendant un quart de siècle il construit des institutions — syndicat, caisses, écoles, milice — dans un territoire où il n'a pas d'État. C'est cette antériorité de l'administration sur la souveraineté qui explique la rapidité de 1948.

Le 14 mai 1948

Il proclame ce jour-là l'établissement de l'État d'Israël, dont il devient le premier chef de gouvernement et, simultanément, le ministre de la Défense. Le cumul est décisif pour ce qui suit : pendant la guerre de 1948-1949, les décisions politiques et les décisions militaires passent par le même bureau, et son journal est le registre de ce bureau.

Ce qu'est un journal de guerre

Un journal tenu au jour le jour par un dirigeant en exercice n'est ni un mémoire ni une archive administrative. Il n'a pas le recul du premier — rien n'y est réécrit à la lumière de l'issue — ni l'impersonnalité de la seconde : on y trouve des chiffres, des ordres, des noms, et aussi des humeurs et des erreurs d'appréciation laissées telles quelles. C'est ce mélange qui en fait la valeur.

« Yawmiyyāt al-ḥarb 1947-1949 »

Le volume au fonds, 909 pages, est la traduction arabe de ce journal pour les deux années de la guerre. Il couvre la période qui va du plan de partage à la fin des combats : les préparatifs, la conduite des opérations, les négociations, les décisions sur les populations et les territoires. C'est un document de première main sur la décision israélienne pendant ces mois.

Qui l'a publié, et pourquoi cela compte

L'éditeur est la Mūʾassasat al-dirāsāt al-filasṭīniyya — l'Institut des études palestiniennes, fondé à Beyrouth en 1963, principale institution de recherche palestinienne. Traduire et publier en arabe, sur neuf cents pages, le journal privé du premier chef de gouvernement israélien est un choix éditorial délibéré : mettre à disposition la source de l'adversaire, dans sa langue d'origine rendue accessible, au lieu d'en rapporter des extraits.

Une source du débat sur 1948

Ce journal est l'une des pièces centrales de la discussion historiographique sur ce qui s'est passé en 1948, notamment sur le départ et l'expulsion de la population palestinienne. Il est cité par des historiens israéliens et par des historiens palestiniens, qui n'en tirent pas les mêmes conclusions mais travaillent sur le même texte. Un document que les deux camps citent est, pour une bibliothèque, exactement ce qu'il faut conserver.

Lire un journal avec méthode

Un journal n'est pas plus fiable qu'une autre source du fait qu'il est intime. Son auteur écrit pour lui, mais aussi en sachant qu'on le lira ; il note ce qu'il juge notable, ce qui est déjà un tri ; il se trompe sur le présent. Les éditions savantes de ce texte discutent les passages coupés, les datations et les variantes entre versions. Un lecteur qui l'ouvre ici doit savoir qu'il tient une pièce à verser, non un verdict.

La fin

Ben-Gourion dirige le gouvernement de 1948 à 1954 puis de 1955 à 1963, quitte la vie politique en 1970 et meurt en 1973. Il s'était retiré dans le Néguev, où il est enterré. Son journal, lui, a continué d'être édité, traduit et discuté bien après sa mort — le sort ordinaire des sources, qui survivent aux réputations.

Neuf cent neuf pages muettes

Le volume est un scan sans couche de texte : un signe par page. Pour un journal daté, c'est la privation la plus coûteuse qui soit. On n'ouvre pas neuf cents pages de notes quotidiennes pour les lire d'un bout à l'autre : on y cherche une date, un nom de localité, un nom d'officier, une décision. Sans texte, chaque vérification demande de feuilleter. C'est le troisième document historique de ce fonds dans ce cas, après les chroniques d'Idrīs ʿImād al-Dīn et d'Ibn Abī Zarʿ, et le raisonnement est le même : ce sont les livres qu'on consulte qui perdent le plus à n'être pas cherchables.