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Muḥammad Abū Zahra

Auteur

Muḥammad Abū Zahra

محمد أبو زهرة

3 livres

À propos de l'auteur

Muḥammad Abū Zahra (1898–1974), juriste et historien égyptien, professeur à al-Azhar et à l'université du Caire. Ses manuels sur les écoles juridiques et théologiques ont formé plusieurs générations d'étudiants arabes ; sa méthode — exposer chaque courant à partir de ses propres sources avant de le discuter — les a rendus utilisables par ceux-là mêmes qui contestent ses conclusions. Il est également l'auteur d'un commentaire complet du Coran.

al-Maḥalla, Ṭanṭā, et l'École des juges

Muḥammad Abū Zahra naît en 1898 à al-Maḥalla al-Kubrā. Il étudie d'abord à l'école du mosquée ahmadienne de Ṭanṭā, puis suit la filière de l'École des juges de la charia, qui formait des magistrats et non des prédicateurs. Cette formation judiciaire explique le reste : chez lui, le droit musulman est un objet technique avant d'être un objet d'édification.

Le fiqh comme discipline universitaire

Il enseigne à Dār al-ʿUlūm puis passe à la Faculté de droit du Caire, où il professe le droit islamique devant des étudiants qui apprenaient par ailleurs le code civil. C'est un déplacement décisif : il doit exposer le fiqh dans un cadre où l'on attend des catégories, des définitions et des comparaisons. Une grande part de sa manière vient de cette contrainte pédagogique.

La série des fondateurs

Son entreprise la plus connue est une suite de monographies consacrées aux fondateurs d'écoles : Abū Ḥanīfa, Mālik, al-Shāfiʿī, Ibn Ḥanbal, puis Ibn Taymiyya et Ibn Ḥazm. Chacune suit le même plan — la vie, le milieu, la méthode, les positions —, ce qui les rend comparables entre elles. Il a fait pour les écoles juridiques ce qu'un historien des idées fait pour des systèmes.

Les imams qu'on n'attendait pas dans la série

Il a étendu cette série à Zayd b. ʿAlī et à Jaʿfar al-Ṣādiq, c'est-à-dire à des figures des écoles zaydite et imamite, traitées avec le même appareil que les quatre sunnites. Le geste a compté : il installait ces écoles comme des objets de droit comparé plutôt que comme des hétérodoxies. C'est la même disposition qu'on retrouve dans son histoire des écoles.

« Tārīkh al-madhāhib al-islāmiyya »

« تاريخ المذاهب الإسلامية في السياسة والعقائد », 696 pages au fonds, est son panorama : les écoles y sont prises d'abord dans leurs divergences politiques, ensuite dans leurs doctrines. L'ordre n'est pas neutre — il suggère que les partages de la communauté ont précédé les théologies qui les ont justifiés. C'est le livre par lequel il est le plus lu.

« al-ʿAlāqāt al-duwaliyya fī al-Islām »

« العلاقات الدولية في الإسلام », 128 pages, traite de la guerre, des traités, de la protection des non-musulmans et du statut des ambassades. Le format est bref et l'intention claire : montrer que la tradition juridique musulmane a développé une matière comparable au droit international, et qu'elle peut être exposée dans ses catégories. Le fonds le classe en science politique, ce qui est juste.

« Zahrat al-tafāsīr »

Son commentaire du Coran, « زهرة التفاسير », est au fonds en un seul fichier de 5 482 pages. C'est l'œuvre d'un juriste : les versets à portée normative y sont traités avec un soin qui tranche sur le reste, et la discussion des écoles y reprend ses habitudes. Il n'a pas pu le mener à son terme — sa mort l'a interrompu, et le texte s'arrête avant la fin du Coran.

Une prose sans ornement

Abū Zahra écrit une langue claire, ordonnée, à peu près dépourvue de saj'. Il pose une question, expose les positions, indique laquelle lui paraît la mieux fondée et pourquoi. Cette sobriété est la raison pour laquelle ses livres ont servi de manuels bien au-delà des facultés où il enseignait, et elle explique leur longévité mieux que n'importe quelle position particulière.

La fin

Il meurt en avril 1974, membre de l'Académie de recherche islamique d'al-Azhar, après une vie d'enseignement et une bibliographie considérable — droit pénal, droit des biens, statut personnel, uṣūl al-fiqh, waqf. Il n'a pas laissé d'école à son nom ; il a laissé un outillage que d'autres emploient sans toujours le citer.

Ce que le rayon permet, et ce qu'il refuse

Trois volumes, et une distribution des chances qui va à l'envers de l'usage. Le tafsīr, le plus lourd — 5 482 pages —, est intégralement cherchable : plus de seize millions de signes, près de trois mille par page, on y trouve un mot en une seconde. « العلاقات الدولية » l'est aussi. Mais « تاريخ المذاهب الإسلامية », qui est précisément le livre qu'on ouvre pour vérifier un point et refermer, est un scan sans texte : un signe par page. Le volume qu'on lit d'un bout à l'autre se fouille ; celui qu'on consulte ne se fouille pas.