Al-Sayyid Hashim al-Bahrani (v. 1050-1107 H / v. 1640-1696), savant chiite duodécimain originaire de Bahreïn (village de Tubli), muhaddith, exégète du Coran et historien. Formé à Mashhad puis à Najaf, il fut considéré par ses contemporains, dont al-Hurr al-'Amili, comme l'un des plus grands compilateurs de hadiths shiites de son temps, juste après Allama al-Majlisi, et laissa une œuvre d'environ soixante-quinze ouvrages. Son livre le plus célèbre, Al-Burhan fi Tafsir al-Qur'an, demeure l'une des principales sources de l'exégèse coranique fondée sur la tradition (tafsir riwa'i) chez les imamites.
Tūbalī, à Bahreïn
Abū al-Makārim al-Sayyid Hāshim b. Sulaymān b. Ismāʿīl al-Katkānī al-Tūbalānī al-Baḥrānī, du XIe siècle de l'hégire — le XVIIe siècle chrétien.
Ses deux surnoms disent son village : Tūbalī, à Bahreïn, et Katkān, qui en est un quartier.
Il fut traditionniste, exégète et historien, et compta parmi les grands muḥaddiths chiites de son temps. On le désigne le plus souvent par son livre : ṣāḥib al-Burhān, « l'auteur du Burhān ».
1107 ou 1109
Les sources donnent deux dates pour sa mort : 1107 ou 1109 de l'hégire, c'est-à-dire entre 1695 et 1698.
Elles ne sont pas départagées, et cette fiche ne les départage pas non plus. On le signale plutôt que de choisir en silence.
Un commentaire sans commentateur
Al-Burhān fī tafsīr al-Qurʾān est un commentaire du Coran d'un genre particulier : verset après verset, il rassemble ce que les imams de la lignée du Prophète ont dit, et rien d'autre.
Son auteur s'y est délibérément tenu à collecter et à classer, sans donner son propre avis. Ce n'est pas une insuffisance mais un parti pris : il ne s'agit pas d'expliquer le Coran mais de mettre sous les yeux du lecteur ce que la tradition en a rapporté.
C'est l'équivalent chiite de ce qu'on appelle en islam sunnite le tafsīr bi-l-maʾthūr, le commentaire par la transmission.
Ce que cela demande au lecteur
Un livre bâti ainsi ne conduit personne. Il présente des chaînes de transmission et des paroles, et laisse au lecteur le travail que d'autres commentateurs font à sa place.
C'est donc un ouvrage de consultation autant que de lecture suivie : on y vient pour savoir ce qui est rapporté sur un verset précis.
Et c'est un livre où le lecteur ne peut pas se reposer sur l'auteur, puisque l'auteur a refusé de donner son opinion.
Deux manières opposées, sur le même rayon
Cette bibliothèque porte aussi six volumes d'al-Mīzān fī tafsīr al-Qurʾān, de Muḥammad Ḥusayn al-Ṭabāṭabāʾī — l'autre grand commentaire chiite, écrit au XXe siècle.
Or al-Mīzān s'est précisément construit en se détournant de l'accumulation des traditions, pour une lecture méthodique du texte par lui-même.
Les deux manières de commenter le Coran dans la tradition chiite, celle qui entasse les rapports et celle qui s'en écarte, sont donc ici l'une à côté de l'autre, à trois siècles de distance. Peu de rayons permettent cette comparaison.
Ce que la bibliothèque conserve
Huit fichiers, au rayon des sciences du Coran — et c'est al-Burhān au complet, de la Fātiḥa à al-Nās, sans lacune.
Le catalogue les affiche sous huit titres identiques, sans numéro ni indication : rien n'y permet de savoir lequel ouvrir, ni dans quel ordre. Le relevé suit, pris dans les fichiers eux-mêmes.
• tome 1 — al-Fātiḥa, al-Baqara (592 p.)
• tome 2 — Āl ʿImrān, al-Māʾida (552 p.)
• tome 3 — al-Anʿām, al-Tawba (530 p.)
• tome 4 — Yūnus, al-Isrāʾ (640 p.)
• tome 5 — al-Kahf, al-Shuʿarāʾ (522 p.)
• tome 6 — al-Naml, al-Zumar (570 p.)
• tome 7 — Ghāfir, al-Ṣaff (534 p.)
• tome 8 — al-Jumuʿa, al-Nās (509 p.)
Quatre mille quatre cent quarante-neuf pages en tout. Le lecteur qui cherche un verset sait désormais où aller.
Ce relevé vient des titres inscrits dans les fichiers, et il a été confronté aux couvertures aux deux bouts de la série : le premier volume et le huitième portent bien leur rang sur leur page de garde. La précaution n'est pas vaine — ailleurs dans ce fonds, un fichier porte en titre interne le nom d'un tout autre ouvrage. L'édition est celle de Muʾassasat al-Aʿlamī li-l-Maṭbūʿāt, à Beyrouth.
De ses autres ouvrages — Ghāyat al-marām, Madīnat al-maʿājiz — ce fonds ne porte rien.