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Khālid al-Dakhīl

Auteur

Khālid al-Dakhīl

خالد الدخيل

1 livre

À propos de l'auteur

Khālid al-Dakhīl, sociologue saoudien, professeur à l'université du Roi Saoud et chroniqueur. Ses travaux sur les origines du wahhabisme ont déplacé le débat en le sortant du terrain confessionnel : il y soutient que le mouvement du XVIIIe siècle s'explique moins par une querelle doctrinale que par la crise des structures tribales du Najd — thèse discutée, mais qui a renouvelé la question.

Un sociologue saoudien

Khālid al-Dakhīl est sociologue et chroniqueur. Formé aux États-Unis, où son travail doctoral portait déjà sur les origines du mouvement wahhabite, il a enseigné à Riyad et tenu pendant des années une chronique dans la presse arabe. Sa position d'énonciation compte pour lire ce livre : il écrit sur le mouvement fondateur de son propre État, depuis cet État.

Le titre dit la thèse

« الوهّابيّة بين الشِرك وتصدُّع القَبيلة » — le wahhabisme entre l'associationnisme et la fracture de la tribu. Les deux termes du titre sont les deux explications possibles, et le livre choisit la seconde. Il soutient que ce mouvement du XVIIIe siècle s'explique mieux par une crise sociale et politique du Najd que par le problème théologique que sa propre littérature met en avant.

Ce que le mouvement dit de lui-même

Les sources internes présentent l'affaire comme une réforme religieuse : la population du Najd serait retombée dans des pratiques d'associationnisme — culte des tombeaux, recours aux arbres et aux saints —, et la prédication de Muḥammad b. ʿAbd al-Wahhāb viendrait restaurer l'unicité divine. C'est un récit cohérent, et il est le seul que les textes du mouvement proposent.

Le Najd du XVIIIe siècle

Al-Dakhīl décrit autre chose : un ensemble d'oasis et de bourgs sans pouvoir unificateur, où l'autorité se partageait entre chefs de tribus et notables de localités, dans un état de rivalité et de razzias endémiques. Aucune instance ne pouvait garantir un contrat, lever un impôt régulier ou faire respecter un jugement au-delà de quelques jours de marche.

1744, lu comme un fait politique

Le pacte conclu à al-Dirʿiyya entre le prédicateur et l'émir Muḥammad b. Saʿūd est, dans cette lecture, la rencontre d'un besoin et d'un moyen : une doctrine qui transcende l'appartenance tribale fournit à un pouvoir naissant une légitimité que nul lignage ne pouvait lui donner. La religion n'y est pas un prétexte — elle est le seul langage disponible pour fonder une autorité supra-tribale.

Déplacer le cadre, non nier la doctrine

C'est la distinction qu'il faut tenir pour lire ce livre correctement. L'auteur ne soutient pas que la doctrine était feinte ni que ses tenants n'y croyaient pas. Il soutient que la question « pourquoi ce mouvement a-t-il réussi là et alors » ne se répond pas par le contenu de la doctrine, puisque la même doctrine existait ailleurs sans produire d'État. C'est un argument sur les conditions, non sur les convictions.

Écrire cela depuis Riyad

Une explication sociologique de ce mouvement n'est pas une position neutre dans le pays qu'il a fondé : elle substitue une causalité terrestre à un récit de restauration religieuse. Que ce livre ait été écrit par un universitaire saoudien et publié par une maison de Beyrouth situe à la fois son audace et sa prudence — on publie hors du pays ce qui s'y discute mal.

Quatre livres, trois positions

Ce fonds range exactement quatre volumes sous la sous-catégorie du salafisme, et ils ne disent pas la même chose : un exposé descriptif du wahhabisme et de ses racines, ce livre-ci qui en donne la sociologie, une critique du discours salafī prise à travers Ibn Taymiyya, et un ouvrage sur les Frères musulmans. À quoi s'ajoutent, rangés ailleurs, les deux réfutations de l'ashʿarisme dont ce registre porte les notices — écrites, elles, de l'intérieur du courant. Le fonds donne donc ce courant vu du dedans, expliqué du dehors, et critiqué.

Un genre : la sociologie historique

Le livre appartient à une tradition qui demande aux mouvements religieux ce qu'une société rendait possible plutôt que ce qu'une doctrine affirmait. C'est la démarche qu'Ibn Khaldūn, présent dans ce fonds, avait appliquée aux dynasties du Maghreb, et celle que Durkheim et Weber ont systématisée. La parenté n'est pas une filiation revendiquée ; c'est la même question posée dans le même ordre.

Cinq cent soixante pages muettes

Le volume est un scan sans couche de texte : un signe par page. Pour un livre d'histoire sociale, appuyé sur des noms de localités, de tribus, de chefs et sur des dates, la perte est celle que je relève depuis plusieurs rayons — on y vient pour vérifier un fait précis. Le volume voisin sur la critique du discours salafī est dans le même état, et l'exposé des racines du wahhabisme aussi : trois des quatre livres de ce rayon ne se cherchent pas. Seul celui sur les Frères musulmans porte une couche de texte.