Bill Clinton (né en 1946), quarante-deuxième président des États-Unis (1993–2001). Gouverneur de l'Arkansas avant son élection, sa présidence fut marquée par une longue expansion économique, les accords d'Oslo et de Dayton, et par la procédure de destitution consécutive à l'affaire Lewinsky, dont il sortit acquitté par le Sénat.
Un livre de 2004, huit cent quatre-vingt-trois pages
« My Life », paru chez Alfred A. Knopf en 2004, trois ans après la fin du second mandat. Bill Clinton (né en 1946) fut le quarante-deuxième président des États-Unis, de 1993 à 2001, gouverneur de l'Arkansas avant cela. Ce fonds porte de lui ce seul volume, dans sa langue d'origine.
Ce que le prologue annonce
Le livre s'ouvre sur une anecdote que l'auteur a choisie et qu'il faut donc lire comme une déclaration de méthode : jeune diplômé en droit, il achète un manuel pratique sur la manière de prendre le contrôle de son temps et de sa vie, dont la leçon est de dresser la liste de ses objectifs à court, moyen et long terme, puis de les classer par importance. Huit cent quatre-vingt-trois pages suivent, qui sont le récit d'un plan tenu.
Les mémoires d'un gouvernant sont un genre
Et ce genre a sa règle : la justification et le témoignage y sont mêlés sans qu'on puisse toujours les séparer. Cela n'ôte rien à la valeur du livre, à condition de savoir ce qu'on y lit — non l'histoire d'une présidence, mais ce que son titulaire veut qu'on en retienne, écrit en sachant ce qu'on lui reprochera.
Ce que les deux mandats laissent au livre
Les accords d'Oslo signés à la Maison-Blanche en 1993, les accords de Dayton en 1995, une expansion économique longue, et la procédure de destitution consécutive à l'affaire Lewinsky — mise en accusation par la Chambre, acquittement par le Sénat en 1999. Il aborde directement ce dernier point, ce qui n'allait pas de soi dans un livre qu'il contrôlait entièrement.
Le rayon des mémoires, en chiffres
Ce fonds range vingt volumes sous « مذكرات » : neuf mille huit cent quatre-vingt-treize pages. On y trouve Kissinger en trois titres, Condoleezza Rice, Dick Cheney, Ben Gourion, Golda Meir, Pervez Musharraf, Mohamed Naguib, le sultan Abdülhamid II, Alija Izetbegović, Gandhi, et « الأيام » de Ṭāhā Ḥusayn.
Quatre Américains au pouvoir, sur le même rayon
Clinton n'y est pas seul : Kissinger y tient trois titres et deux mille sept cent trente pages, Rice huit cent quarante-neuf, Cheney six cent trente-quatre. Quatre fois l'exécutif américain raconté du dedans, par un président, son secrétaire d'État des années soixante-dix, sa secrétaire d'État des années deux mille et un vice-président. Ce n'est plus un hasard de collecte, c'est un sous-rayon.
Deux volumes qui n'en sont pas
Rangés là aussi : « The Preaching of Islam » de T. W. Arnold, histoire de la propagation de l'islam en quatre cent quatre-vingt-quatorze pages, et une biographie de Barack Obama par JoAnn F. Price. Ni l'une ni l'autre n'est un récit à la première personne. Le rayon en compte donc dix-huit, non vingt — et le lecteur qui s'y fie pour trouver un témoignage direct tombera deux fois sur autre chose.
Huit volumes muets sur vingt
Mesure faite fichier par fichier : huit volumes sont des scans sans couche de texte, un signe par page, et ils font quatre mille cinq cent trente-sept pages. Parmi eux les journaux de guerre de Ben Gourion (909 pages), les mémoires de Rice (849), le second volume de Kissinger (695), Cheney (634), Mohamed Naguib (420), « Diplomacy » (284), Abdülhamid II (228) — et « الأيام », cinq cent dix-huit pages. Près de la moitié du rayon ne se cherche pas.
Oslo, des deux côtés du même fonds
Les huit cent quatre-vingt-trois pages de Clinton racontent Oslo du côté de qui a tenu la cérémonie. Ce fonds porte aussi l'autre lecture, et pas à la marge : le rayon d'Edward Said compte quatorze volumes, dont quatre portent sur ce processus — « أوسلو 2 — سلام بلا أرض » (217 pages), « غزة أريحا — سلام أمريكي » (153), « إلقاء اللوم على الضحايا » (314), « القضية الفلسطينية والمجتمع الأميركي » (35). Sept cent dix-neuf pages. Les deux lectures sont là ; elles ne sont pas dans le même rayon, et il faut le savoir pour les lire ensemble.
Et une seule des deux se cherche
Car le fichier de Clinton est un texte d'éditeur : trois mille cinquante-cinq signes par page, trente-deux mille sept cent soixante et une lignes porteuses de lettres. On ne lit pas huit cent quatre-vingt-trois pages de bout en bout ; on y cherche un nom, une date, une réunion — et ici on peut. Les quatre volumes de Said sur Oslo sont des scans muets, un ou deux signes par page. Ce n'est pas un jugement sur les livres, c'est l'état de l'instrument : dans cette bibliothèque, le récit du médiateur est interrogeable et sa réfutation ne l'est pas.