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ʿAbd Allāh Kannūn

Auteur

ʿAbd Allāh Kannūn

عبد الله كنون

13 livres

À propos de l'auteur

ʿAbd Allāh Kannūn (1908–1989), lettré et historien marocain de Tanger, président de la Ligue des oulémas du Maroc. Auteur d'al-Nubūgh al-maghribī, qui établit que le Maroc a contribué à la littérature arabe autant que l'Orient — réponse à des siècles d'omission dans les histoires littéraires. Il a édité et publié nombre de manuscrits marocains, et laissé des portraits des grandes figures du pays.

Sa naissance à Tanger

ʿAbd Allāh Kannūn naît en 1908 à Fès et grandit à Tanger, où sa famille s'était établie ; il y vécut et y mourut en 1989.

Sa formation fut traditionnelle : il n'entra jamais dans une université régulière. C'est un trait qu'on rappelle à son sujet — un homme devenu une autorité en histoire littéraire sans diplôme universitaire.

Le génie marocain

Le livre qui déplaça une question entière, écrit jeune et publié en 1938 en trois volumes.

Sa thèse est simple à énoncer et lourde de conséquences : le Maroc a contribué à la littérature arabe autant que l'Orient, et son omission dans les histoires littéraires orientales tient à l'ignorance et non au jugement.

Il y rassembla les poètes, les prosateurs et les juristes marocains depuis la conquête jusqu'à son époque, et les documenta. Le livre parut alors que le Maroc était sous protectorat, et il portait donc un double sens qui n'échappa pas à ses premiers lecteurs.

L'éditeur de manuscrits

Il publia et établit nombre de manuscrits marocains ignorés ou dispersés, dont ʿUjālat al-mubtadī wa-faḍālat al-muntahī fī l-nasab d'Abū Bakr al-Ḥāzimī.

Cette part de son travail est la moins citée et la plus durable : des textes qui ne nous seraient pas parvenus si un homme ne s'était assis devant eux.

La Ligue des oulémas du Maroc

Il présida la Ligue des oulémas du Maroc et fut membre des académies de langue arabe du Caire, de Damas et de Bagdad.

Ces appartenances orientales ne sont pas qu'honorifiques : elles marquent que la thèse du Génie marocain avait été reçue, et que l'Orient reconnaissait ce qu'il avait négligé.

Ses ouvrages

Parmi eux Souvenirs des grandes figures du Maroc, en une série de fascicules, Propos sur la littérature marocaine moderne, Notions islamiques, ainsi que des poèmes et des sermons.

Il dirigea des revues culturelles et écrivit dans la presse marocaine pendant des décennies.

Ce que conserve cette bibliothèque

Treize titres. Et une particularité qui mérite d'être signalée : l'étagère porte Le génie marocain et aussi la ʿUjāla qu'il a éditée — l'homme comme auteur et l'homme comme éditeur, dans une même entreprise.

Qui lit les deux saisit son projet : établir que cette terre a une littérature, puis sortir les textes de cette littérature des armoires.