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Abū Ḥāmid al-Ghazālī

Auteur

Abū Ḥāmid al-Ghazālī

أبو حامد الغزالي

31 livres

À propos de l'auteur

Abū Ḥāmid al-Ghazālī (450–505 h. / 1058–1111), juriste chaféite, théologien ashʿarite et soufi né à Ṭūs, au Khorasan. Professeur à la Nizāmiyya de Bagdad, il quitte sa chaire au sommet de sa notoriété pour une décennie de retrait spirituel dont sort son œuvre maîtresse, Iḥyāʾ ʿulūm al-dīn (« Revivification des sciences de la religion »), à laquelle s'ajoutent son autobiographie intellectuelle al-Munqidh min al-ḍalāl et sa critique des philosophes, Tahāfut al-falāsifa.

Naissance et premières études

Abū Ḥāmid Muḥammad b. Muḥammad al-Ghazālī naît à Ṭūs, dans le Khurāsān, en 450/1058. Orphelin tôt, il étudie le droit shāfiʿite à Ṭūs puis à Jurjān, avant de gagner Nīsābūr où il suit l'enseignement d'al-Juwaynī, dit Imām al-Ḥaramayn, jusqu'à la mort de celui-ci en 478/1085.

Bagdad et la Niẓāmiyya

Le vizir Niẓām al-Mulk le nomme en 484/1091 à la Niẓāmiyya de Bagdad, la chaire la plus en vue de son temps. Il y enseigne quatre ans devant des centaines d'auditeurs, écrit contre les bāṭinites et compose ses ouvrages de logique et de droit. C'est le sommet d'une carrière publique qu'il va abandonner.

La crise et le retrait

En 488/1095 il quitte Bagdad : il raconte dans al-Munqidh min al-ḍalāl, que conserve la bibliothèque, une crise où la parole lui manque en chaire et où la certitude lui échappe. Onze années de retrait suivent — Damas, Jérusalem, le pèlerinage, puis Ṭūs —, consacrées à la retraite, à l'ascèse et à la rédaction.

« La revivification des sciences de la religion »

L'Iḥyāʾ ʿulūm al-dīn, écrit pendant ce retrait, est son œuvre maîtresse et la plus présente au fonds, qui en conserve plusieurs exemplaires et volumes. Quarante livres en quatre quarts — les actes du culte, les usages, les vices de l'âme, les vertus qui sauvent — y refondent le droit et la dévotion sur l'examen de l'intention intérieure.

La critique des philosophes

Avant sa crise, il avait exposé fidèlement les doctrines des falāsifa dans les Maqāṣid, puis les avait réfutées dans le Tahāfut al-falāsifa, jugeant vingt thèses erronées et trois incompatibles avec la foi. La méthode — exposer avant de réfuter — a fait de son résumé un manuel de philosophie lu jusqu'en Europe latine.

La théologie et les fondements du droit

Al-Iqtiṣād fī l-iʿtiqād, au fonds, donne son exposé mesuré du dogme ashʿarite, entre le silence des traditionnistes et les excès des dialecticiens. Al-Mankhūl fī taʿlīqāt al-uṣūl, également conservé, est son premier livre : des notes prises au cours d'al-Juwaynī, où l'on voit un étudiant devenir un auteur.

Le pèlerinage et la dévotion

Asrār al-ḥajj, que porte le catalogue, traite des rites du pèlerinage par leur sens intérieur plutôt que par leurs conditions de validité — manière caractéristique de son projet : ne jamais séparer la règle de ce qu'elle veut produire dans celui qui l'accomplit.

Retour et mort

Il reprend brièvement l'enseignement à Nīsābūr en 499/1106, puis rentre à Ṭūs, où il tient une école et une retraite soufie. Il y meurt en 505/1111, à cinquante-cinq ans. Le titre de « Preuve de l'islam » (ḥujjat al-islām) lui reste attaché.

Ce qu'on lui attribue

Son autorité a fait circuler sous son nom des ouvrages qu'il n'a pas écrits. Le catalogue en porte un exemple, Mukāshafat al-qulūb, dont l'attribution est douteuse et signalée comme telle dans nos fiches. Distinguer l'œuvre authentique de ce qui s'y est agrégé fait partie de la lecture de cet auteur.

Postérité

L'Iḥyāʾ est resté l'un des livres les plus lus de l'islam sunnite, commenté par al-Zabīdī en dix volumes. Sa critique des philosophes appela la réponse d'Averroès, le Tahāfut al-tahāfut ; la bibliothèque conserve aussi ce versant du débat, en sorte que les deux moments de la controverse s'y trouvent réunis.