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Mortaza Motahhari

Auteur

Mortaza Motahhari

مرتضى المطهري

2 livres

À propos de l'auteur

Mortaza Motahhari (1919–1979), philosophe et théologien iranien. Formé aux sciences religieuses à Qom, où il suivit l'enseignement de Ṭabāṭabāʾī, il enseigna ensuite la philosophie pendant plus de vingt ans à la faculté de théologie de l'université de Téhéran. Son œuvre s'attache à exposer la ḥikma — la philosophie islamique d'après Avicenne — dans une langue claire, accessible à un lecteur formé hors des séminaires. Son commentaire du Sharḥ al-Manẓūma de Sabzawārī, que conserve la bibliothèque, en est la pièce la plus technique. Il a traité de la justice divine, de la théorie de la connaissance et du rapport entre philosophie islamique et pensée européenne.

Fariman, 1919

Murtaḍā Muṭahharī naît en 1919 à Fariman, près de Mashhad, dans une famille de religieux. Il commence ses études à Mashhad puis rejoint Qom en 1937, à dix-huit ans, pour y suivre le cursus complet du séminaire. Il y restera une quinzaine d'années, qui décident de tout : c'est là qu'il rencontre les trois maîtres dont il se réclamera.

Trois maîtres, trois registres

De l'ayatollah Borūjerdī il reçoit le droit et ses fondements, c'est-à-dire la technique. De Khomeini, dont il suit les cours d'éthique et de philosophie, il reçoit une manière d'enseigner. De ʿAllāma Ṭabāṭabāʾī il reçoit la philosophie proprement dite — les « Asfār » de Mullā Ṣadrā, le « Shifāʾ » d'Avicenne. Ces trois filiations ne se recouvrent pas, et une partie de son originalité tient à ce qu'il les a tenues ensemble.

L'élève devenu commentateur

Ṭabāṭabāʾī compose dans les années cinquante un ouvrage destiné à répondre au matérialisme philosophique alors très présent chez les étudiants iraniens. Muṭahharī en écrit les notes — et ces notes, plus longues que le texte, sont ce par quoi le livre a circulé. Le disciple y fait office d'interprète : il traduit en langue discutable une pensée qui, seule, serait restée dans le séminaire.

Téhéran, la faculté

Installé à Téhéran au début des années cinquante, il enseigne pendant plus de vingt ans à la faculté de théologie de l'université. La situation est sa véritable formation : un homme de séminaire devant des étudiants qui lisent Marx, Sartre et les manuels de sociologie, et qui n'accepteront pas un argument d'autorité. Presque tous ses livres sont des cours, et ils en gardent la forme — une objection, une réponse, une objection suivante.

Discuter le marxisme sans le caricaturer

Une part considérable de son travail porte sur le matérialisme historique et la théorie marxiste de la société. Son parti est d'exposer la thèse adverse dans sa version forte avant d'y répondre, ce qui suppose de l'avoir lue. C'est ce qui a rendu ces livres utiles à des lecteurs qui ne partageaient pas ses conclusions, et ce qui les distingue de la polémique ordinaire de l'époque.

« Sharḥ al-Manẓūma »

Le fonds tient ses leçons sur la « Manẓūma » de Sabzevārī, 444 pages. Il faut savoir ce qu'est ce texte pour mesurer l'objet : un poème didactique du XIXe siècle qui résume en vers la philosophie de Mullā Ṣadrā, et qui sert depuis lors de manuel dans les séminaires. Commenter la Manẓūma, c'est enseigner la « sagesse transcendante » — le rayon de Mullā Ṣadrā est, dans cette bibliothèque, à quelques étagères de celui-ci.

« Thabāt al-akhlāq »

Le second volume, 75 pages, porte sur la permanence des valeurs morales et sur la théorie des « perceptions conventionnelles » — les iʿtibāriyyāt. La question est celle-ci : si certaines de nos notions (le droit, l'obligation, la propriété) sont des constructions de l'esprit et non des reflets du réel, que reste-t-il de la morale ? La théorie discutée est celle de Ṭabāṭabāʾī, dont le fonds tient une dizaine de volumes.

1979

La révolution de février 1979 le place au premier rang : il préside le Conseil de la révolution. Le 1er mai 1979, il est abattu à Téhéran par un membre du groupe Furqān, qui reprochait aux clercs leur rôle politique. Il avait soixante ans, et il est mort moins de trois mois après le retour de Khomeini en Iran.

Une œuvre faite de cours

Son abondance bibliographique s'explique par sa méthode de travail : beaucoup de ses titres sont des séries de conférences mises en forme après coup, parfois après sa mort. Cela donne des livres inégaux mais accessibles, où l'on voit la pensée se construire devant un auditoire plutôt que se présenter achevée. Il est, de ce fait, l'un des auteurs religieux iraniens les plus traduits en arabe.

Ce que le rayon donne

Deux volumes, tous deux philosophiques, et qui renvoient chacun à un autre rayon de cette bibliothèque — Mullā Ṣadrā pour l'un, Ṭabāṭabāʾī pour l'autre. La mesure les sépare : « ثبات الأخلاق », 75 pages, porte une couche de texte et se cherche au mot ; « شرح المنظومة », 444 pages, est un scan sans texte, un signe par page. Le bref se fouille, le long ne se fouille pas — et c'est le long qui est le cours.