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Ibn Taymiyya

Auteur

Ibn Taymiyya

تقي الدين أحمد بن تيمية

39 livres

À propos de l'auteur

Ibn Taymiyya (Taqī al-Dīn Aḥmad, 661–728 / 1263–1328), juriste et théologien hanbalite de Damas, né à Harrān. Il soutient que la raison saine et la révélation explicite ne peuvent se contredire, et porte la critique jusque dans la logique aristotélicienne. Auteur d'une œuvre immense — croyance, droit, controverse, exégèse —, il enseigna dès vingt et un ans et mourut en détention dans la citadelle de Damas.

Ascendance et naissance

Taqī al-Dīn Aḥmad b. ʿAbd al-Ḥalīm b. Taymiyya naît à Harrān en 661/1263, dans une lignée de juristes hanbalites : son grand-père Majd al-Dīn et son père Shihāb al-Dīn enseignaient l'un et l'autre. L'avancée mongole chasse la famille de Harrān en 667/1269 ; elle gagne Damas, où il passera l'essentiel de sa vie et où sa formation se fera tout entière.

Formation et première chaire

Il apprend le Coran et le hadith très tôt, puis le droit hanbalite, la langue et les mathématiques. À la mort de son père en 682/1284, il reçoit sa chaire à la Sukkariyya alors qu'il a vingt et un ans, et commence l'année suivante à commenter le Coran à la mosquée des Omeyyades. Sa mémoire du hadith et sa rapidité de réplique sont attestées par ses adversaires autant que par ses élèves.

Une méthode : l'antériorité du texte

Toute son œuvre théorique tient à une thèse : la raison saine et la révélation explicite ne peuvent se contredire, et là où l'on croit voir un conflit, c'est l'argument rationnel qui est vicieux ou le texte mal lu. Darʾ taʿāruḍ al-ʿaql wa-l-naql, que conserve la bibliothèque, développe cette position contre les théologiens qui subordonnaient le texte à une interprétation métaphorique.

La critique de la logique grecque

Al-Radd ʿalā al-manṭiqiyyīn s'attaque à l'instrument même de la philosophie : il conteste que la définition par genre et différence donne une connaissance nouvelle, et que le syllogisme universel prouve autre chose que ce qu'on y a mis. C'est l'un des rares examens internes de la logique aristotélicienne écrits dans l'islam médiéval, et la bibliothèque le conserve.

Les traités de croyance

Trois épîtres courtes, toutes présentes au fonds, ont fixé son enseignement dogmatique : al-ʿAqīda al-Wāsiṭiyya, rédigée en une séance à la demande d'un juge de Wāsiṭ ; al-Fatwā al-Ḥamawiyya al-kubrā ; et al-Risāla al-Tadmuriyya. Il y soutient que les attributs divins se lisent tels que le texte les donne, sans les vider de sens ni les assimiler à ceux des créatures.

Le droit, la fatwā, le gouvernement

Son droit se sépare souvent de l'école hanbalite qu'il professe : il tient qu'un juriste doit suivre la preuve et non l'avis reçu, ce que Rafʿ al-malām ʿan al-aʾimma al-aʿlām justifie en excusant les imams passés. Al-Siyāsa al-sharʿiyya traite du gouvernement comme d'une charge de confiance et de justice. Ses consultations, rassemblées dans le Majmūʿ al-fatāwā, occupent des dizaines de volumes, dont le fonds porte une part.

La controverse avec les chrétiens

Al-Jawāb al-ṣaḥīḥ li-man baddala dīn al-Masīḥ répond point par point à une épître chrétienne venue de Chypre. L'ouvrage discute les textes des Évangiles, leur transmission et leur autorité ; c'est l'un des plus amples traités de controverse interreligieuse de l'islam médiéval, et le fonds en conserve le premier volume.

Prisons et mort

Ses positions lui valent une suite de procès et d'emprisonnements, au Caire, à Alexandrie puis à Damas. Il écrit en détention, jusqu'à ce qu'on lui retire encre et papier. Il meurt dans la citadelle de Damas en 728/1328 ; les sources rapportent des funérailles d'une affluence exceptionnelle.

Ses élèves

Le plus connu est Ibn Qayyim al-Jawziyya, qui recueille et systématise son enseignement. Mais l'historien al-Dhahabī, dont la bibliothèque conserve trente volumes, fut aussi son élève et son ami, tout en gardant sur lui un jugement mesuré — témoignage précieux, venu de quelqu'un qui l'a connu sans être son disciple inconditionnel.

Postérité

Son œuvre est peu lue pendant plusieurs siècles, puis massivement éditée et diffusée à partir du XIXᵉ siècle. Elle est aujourd'hui l'une des plus imprimées de la tradition islamique, et l'une des plus discutées : le fonds porte la trace de cette double réception, avec ses propres traités d'un côté et, de l'autre, des ouvrages qui l'examinent — dont une étude de Ṭāhā Jābir al-ʿAlwānī.

Ce que la bibliothèque conserve

Trente-neuf fichiers — le plus gros ensemble que ce fonds réunisse sous un seul auteur.

Dont Bayān talbīs al-Jahmiyya au complet, en dix volumes ; et des traités brefs conservés entiers : al-ʿUbūdiyya, al-Kalim al-ṭayyib, al-Waṣiyya al-ṣughrā, l’ʿAqīda wāsiṭiyya, Tazkiyat al-nafs.

Mais aussi de grands ouvrages présents au seul premier volume : al-Tafsīr al-kabīr, Majmūʿ al-fatāwā, Minhāj al-sunna al-nabawiyya, al-Jawāb al-ṣaḥīḥ. Qui les veut complets ne les trouvera pas ici.