Saʿdūn ʿAbbās Naṣr Allāh, historien irakien, auteur de monographies universitaires sur les dynasties du Maghreb médiéval — Idrissides, Almoravides. Son travail relève de l'historiographie académique irakienne de la seconde moitié du XXe siècle : appui sur les chroniques et les sources numismatiques, découpage par règnes, souci de la chronologie établie.
Ce qu'on ne sait pas de lui
Il faut commencer par là. Aucune source n'a pu être trouvée sur cet auteur : ni dates, ni ville, ni université. La fiche qui précède le dit irakien et historien de métier ; la recherche n'a rien corroboré, et cette notice ne le répète donc pas comme établi. Ce qu'on tient de lui, on le tient de ses livres, et c'est tout ce qui suit.
Deux monographies, un seul éditeur
Ce fonds en conserve deux, parues l'une et l'autre chez Dār al-Nahḍa al-ʿArabiyya, à Beyrouth. L'État des Idrissides au Maghreb : l'âge d'or, 172-223 de l'hégire / 788-835, deux cent douze pages ; et L'État des Almoravides au Maghreb et en Andalus : le règne de Yūsuf b. Tāshfīn, cent quatre-vingt-neuf pages, en première édition. Les deux couvrent donc, à trois siècles de distance, les deux fondations qui ouvrent et relancent l'histoire du Maghreb occidental. Aucune date d'édition n'est lisible sur l'un ni sur l'autre, et le catalogue n'en porte pas.
Les chroniqueurs qu'il convoque
Le second livre porte une couche de texte complète — quatre cent quatre-vingt mille caractères — et l'on peut donc voir à quoi il s'adosse. Reviennent Ibn ʿIdhārī et son Bayān al-mughrib, Ibn Khaldūn, Ibn al-Athīr, ʿAbd al-Wāḥid al-Marrākushī, Ibn Abī Zarʿ et son Rawḍ al-qirṭās. C'est le socle classique de l'histoire almoravide, et le choix de le suivre plutôt que de le discuter situe le livre : une synthèse de chroniques, découpée par règnes.
Et le ton, qui n'est pas celui d'une thèse
Le livre sur les Idrissides s'ouvre sur une préface qui ne se cache pas : « l'histoire ne connaît pas de famille comme celle d'Abū Ṭālib, à qui la gloire a façonné une couronne sur le front du combat ». Suit le récit des persécutions endurées par « cette famille pure », des enfants, des femmes et des hommes frappés, et pour finir la branche qui échappe aux sabres des Abbassides et fonde au Maghreb extrême un État qui leur ôte le sommeil à des milliers de milles. Le lecteur saura donc d'où le livre parle avant d'en lire la première page d'histoire. Cette notice le rapporte sans le juger.
La provenance de l'exemplaire
Celui des Idrissides n'est pas un livre neuf : sa couverture porte une étiquette à code-barres de la Bibliotheca Alexandrina, numéro 0130006, et sa page de titre un cachet de bibliothèque devenu illisible. Il vient du programme de numérisation de la Bibliothèque d'Alexandrie. Le scan n'a pas été océrisé — deux cent douze caractères pour deux cent douze pages, soit le seul folio de chaque feuille — de sorte qu'on peut le lire mais non l'interroger.