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ʿAbd Allāh al-ʿArwī

Auteur

ʿAbd Allāh al-ʿArwī

عبد الله العروي

3 livres

À propos de l'auteur

ʿAbd Allāh al-ʿArwī (Abdallah Laroui, né en 1933), historien et philosophe marocain, professeur à l'université Mohammed V de Rabat. Sa série des « concepts » — État, liberté, histoire, idéologie — cherche à sortir la pensée arabe de l'alternative entre un traditionalisme qui refuse l'historicité et un modernisme qui l'importe sans la comprendre. Également romancier, il a publié une histoire du Maroc devenue classique.

Azemmour, 1933

ʿAbd Allāh al-ʿArwī — Abdallah Laroui — naquit le 7 novembre 1933 à Azemmour, sur l'estuaire de l'Oum er-Rbia.

Il passa son baccalauréat à Rabat en 1953, puis partit pour Paris. Institut d'études politiques en 1956, diplôme d'histoire en 1958, agrégation d'études islamiques en 1963.

Et en 1976 un doctorat d'État à la Sorbonne, sur les origines sociales et culturelles du nationalisme marocain entre 1830 et 1912 — c'est-à-dire sur la période qui précède immédiatement le protectorat.

Rabat

Il enseigna à la faculté des lettres de l'université Mohammed-V jusqu'à sa retraite, en l'an 2000.

Il écrit en arabe et en français, et ce n'est pas indifférent : plusieurs de ses livres existent dans les deux langues, écrits et non traduits, ce qui est rare.

Il a reçu en 2017 le prix Cheikh Zayed, dans la catégorie de la personnalité culturelle.

La série des « concepts »

Le travail par lequel on le connaît d'abord est une suite de cinq livres, chacun consacré à une seule notion, écrits sur seize ans :

Mafhūm al-īdiyūlūjiyā, le concept d'idéologie, en 1980 ; Mafhūm al-ḥurriyya, la liberté, en 1981 ; Mafhūm al-dawla, l'État, la même année ; Mafhūm al-tārīkh, l'histoire, en 1992 ; Mafhūm al-ʿaql, la raison, en 1996.

Ce n'est pas une collection d'essais mais un programme : reprendre une à une les notions par lesquelles la pensée arabe moderne se décrit elle-même, et demander chaque fois d'où elles viennent et ce qu'elles portent.

Cette bibliothèque en conserve deux sur cinq.

Ce que les deux conservés portent

Mafhūm al-dawla, de 1981, prend la notion d'État — et montre que le mot arabe dawla, qui a d'abord signifié le tour, le cycle, le changement de dynastie, ne recouvre pas ce que le mot européen désigne, ni la chose qu'il désigne.

Mafhūm al-tārīkh, de 1992, est le plus long des cinq : quatre cent onze pages ici. Il y examine ce que veut dire écrire l'histoire, et ce que la notion même d'histoire doit à l'Europe du XIXe siècle.

Les deux sont au rayon des sciences politiques de ce fonds, et non à celui de l'histoire ou de la philosophie. Ce n'est pas faux, mais c'est un choix qui les sépare du troisième livre.

Mujmal tārīkh al-Maghrib

Le troisième livre conservé ici est d'un autre ordre : Mujmal tārīkh al-Maghrib, de 1984, une histoire du Maroc en cent soixante-deux pages.

C'est le format le plus difficile qui soit — tenir des siècles dans un volume mince —, et c'est l'œuvre d'un homme dont la thèse portait sur quatre-vingts ans de la même histoire.

Le catalogue le range au rayon du Maroc. Les deux « concepts » sont aux sciences politiques. Un lecteur qui trouve l'un ne tombera pas sur les autres.

Ce que la bibliothèque conserve

Trois fichiers, sur deux rayons.

Mafhūm al-tārīkh (411 p.) et Mafhūm al-dawla (246 p.), aux sciences politiques ; Mujmal tārīkh al-Maghrib (162 p.), au Maroc.

Ne sont pas ici les trois autres « concepts » — l'idéologie, la liberté, la raison —, ni al-Īdiyūlūjiyā al-ʿarabiyya al-muʿāṣira de 1970, ni al-ʿArab wa-l-fikr al-tārīkhī de 1973, ni Azmat al-muthaqqafīn al-ʿarab. Vérifié sur l'ensemble du catalogue.

Le fonds porte donc le milieu de la série et rien de ce qui l'a précédée. Pour un auteur dont l'œuvre est construite comme un programme, c'est une part qu'il faut savoir partielle.