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Auteur

Aḥmad b. al-Ṣiddīq al-Ghumārī

أبو الفيض أحمد بن محمد بن الصديق الغماري الحسني

13 livres

À propos de l'auteur

Abū al-Fayḍ Aḥmad b. al-Ṣiddīq al-Ghumārī (1902–1960), traditionniste marocain de Tanger, d'une famille renommée pour le hadith et le soufisme. Il joignait une mémoire vaste à une critique hardie : il déclara sains des hadiths que d'autres tenaient pour faibles et inversement, et prit sur diverses questions des positions qui lui valurent beaucoup d'adversaires. On lui doit al-Mudāwī, la Hidāya sur les hadiths de la Bidāya, et des dizaines d'opuscules. Son frère ʿAbd Allāh fut également traditionniste ; tous deux sont dans cette bibliothèque.

La zaouïa de Tanger

Shihāb al-Dīn Abū al-Fayḍ Aḥmad b. Muḥammad b. al-Ṣiddīq al-Ghumārī al-Ḥasanī (27 ramadan 1320 – 1er jumādā al-ākhira 1380 H / 1902–1960).

Il naquit chez les Banī Saʿīd, tribu des environs de Tanger, dans une famille de chérifs idrissides. Son père, Muḥammad b. al-Ṣiddīq, dirigeait à Tanger la zaouïa Ṣiddīqiyya, rattachée à la voie shādhilie. Aḥmad en hérita la direction à la mort de son père, en 1354 H (1935).

C'est donc un homme né dans une maison de soufis, et qui devint l'un des critiques de hadith les plus redoutés de son siècle — les deux ne se sont jamais séparés chez lui.

Le Caire et al-Azhar

Il reçut ses premières sciences à Tanger, auprès de son père. Puis il partit pour Le Caire et entra à al-Azhar à partir de 1339 H (vers 1920), où il demeura longuement pour l'étude du hadith.

Parmi ses maîtres : Muḥammad Bakhīt al-Muṭīʿī, alors l'un des muftis les plus écoutés d'Égypte, et le Marocain Muḥammad b. Jaʿfar al-Kattānī, ainsi que ʿUmar b. Ḥamdān al-Maḥrisī et plusieurs cheikhs azharis.

L'Égypte restera son second pays : il y reviendra, et c'est là qu'il finira sa vie.

Un ḥāfiẓ au XXe siècle

Ses contemporains lui reconnurent le titre de ḥāfiẓ — celui qui tient en mémoire les chaînes de transmission et l'état de leurs transmetteurs — un titre qu'on n'accordait plus guère depuis des siècles.

Sa spécialité était le takhrīj : retrouver l'origine d'un hadith, remonter ses chaînes, et trancher sur sa solidité. Plusieurs titres de ce fonds sont exactement cela — Masālik al-dalāla, al-Baḥr al-ʿamīq fī marwiyyāt Ibn al-Ṣiddīq, Laysa kadhālika, fī al-istidrāk ʿalā al-ḥuffāẓ, où il reprend ses propres prédécesseurs.

La prison, puis l'exil

Il fut emprisonné trois ans et demi pour son activité contre la colonisation espagnole, Tanger et le nord du Maroc se trouvant alors sous protectorat espagnol.

En 1377 H (1957–1958) il quitta le Maroc pour l'Égypte et n'y revint pas. Il mourut à Nice, en France, en 1380 H (1960), à cinquante-neuf ans.

Le catalogue en garde la trace dans le libellé d'un de ses livres, qui le désigne comme « le Marocain établi au Caire ».

Une plume de polémiste

Ses titres se lisent seuls. Al-Tankīl wa-l-taqtīl li-man abāḥa al-tamthīl — « l'éreintement et la mise à mort de qui a permis la représentation ». Al-Istiʿādha wa-l-ḥasbala mimman ṣaḥḥaḥa ḥadīth al-basmala — où les deux formules par lesquelles on se réfugie en Dieu servent d'arme contre un adversaire savant.

C'était une manière d'époque, et la sienne plus que celle des autres : le titre rimé, l'attaque nommée, le désaccord porté en public. Le lecteur qui ouvre ces livres doit le savoir d'avance ; on n'y entre pas comme dans un manuel.

Ce qu'il tenait

Ashʿarite en croyance et soufi de pratique, il fut l'un des adversaires les plus constants du courant salafi de son temps — et cela se lit dans les livres de ses frères autant que dans les siens.

Mais il ne suivait pas non plus son école par habitude. Taḥqīq al-āmāl fī ikhrāj zakāt al-fiṭr bi-l-māl soutient qu'on peut s'acquitter de l'aumône de la rupture du jeûne en argent — ce que la doctrine mālikite, celle de son pays, refuse. Et Shadd al-waṭʾa ʿalā munkir imāmat al-marʾa prend parti sur la direction de la prière par une femme.

Ce sont ses arguments, dans ses livres, que le lecteur trouvera ici ; cette fiche ne les tranche pas.

Six frères savants

La maison en produisit six : Aḥmad, ʿAbd Allāh, Muḥammad al-Zamzamī, ʿAbd al-Ḥayy, ʿAbd al-ʿAzīz et al-Ḥasan.

Cette bibliothèque en conserve trois — Aḥmad, ʿAbd Allāh et ʿAbd al-ʿAzīz — et rien des trois autres.

Ce que la bibliothèque conserve

Treize fichiers, tous au rayon du hadith.

Des traités de takhrīj et de critique : Masālik al-dalāla fī takhrīj aḥādīth Risālat al-mustarshidīn, al-Baḥr al-ʿamīq, Laysa kadhālika, Subul al-hudā fī ibṭāl ḥadīth « iʿmal li-dunyāka ka-annaka taʿīshu abadan » — où il déclare faux un adage que tout le monde cite.

Des prises de position : Taḥqīq al-āmāl, Shadd al-waṭʾa, al-Tankīl wa-l-taqtīl, al-Istiʿādha wa-l-ḥasbala, Hadiyyat al-ṣughrā.

Et son propre registre de transmission, al-Muʿjam al-wajīz li-l-mustajīz, où il consigne ce qu'il a reçu et de qui.