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ʿAbd al-Raḥmān Ibn Khaldūn

Auteur

ʿAbd al-Raḥmān Ibn Khaldūn

عبد الرحمن بن خلدون

4 livres

À propos de l'auteur

Ibn Khaldūn (732–808 h. / 1332–1406), historien et juriste malikite né à Tunis dans une famille andalouse, actif auprès des cours du Maghreb et de Grenade avant de finir grand cadi au Caire. Sa Muqaddima, introduction au Kitāb al-ʿIbar, fonde une science de la société humaine (ʿilm al-ʿumrān) qui analyse la ʿaṣabiyya, les cycles des dynasties et l'économie des villes.

Tunis, 1332

ʿAbd al-Raḥmān b. Muḥammad b. Khaldūn naquit à Tunis le 27 mai 1332, sous les Hafsides, et mourut au Caire le 17 mars 1406, sous les Mamelouks.

Les Banū Khaldūn étaient une famille andalouse, d'ascendance arabe yéménite, venue de Séville. Elle avait quitté l'Espagne avant la reconquête de la ville et s'était établie en Ifrīqiya, où elle occupait des charges.

Il appartient donc à cette génération de Maghrébins qui portaient encore l'Andalousie en mémoire et savaient qu'elle se perdait.

La peste

La peste noire de 1348-1349 fut le tournant de sa jeunesse. Elle emporta son père et sa mère, et une grande part de sa parenté.

Il avait seize ans.

On peut lire toute son œuvre sans jamais rencontrer de confidence là-dessus. Mais un homme qui a vu disparaître sa famille et une partie de son monde en une saison n'écrit pas par hasard une théorie des sociétés qui naissent, vieillissent et meurent.

Les cours, et la prison

Il servit les sultans de Tunis, de Fès, de Grenade, de Bougie et de Tlemcen, passant d'une cour à l'autre au gré des victoires et des disgrâces.

En 1357 il fut condamné à vingt-deux mois de prison.

Ce va-et-vient n'est pas un accident de biographie : c'est le matériau. Il a vu de l'intérieur comment une dynastie se saisit du pouvoir, comment elle s'installe, et comment elle se défait — et il l'a vu plusieurs fois, dans plusieurs États.

Six mois à Qalʿat Ibn Salāma

Retiré dans une forteresse du sud algérien, Qalʿat Ibn Salāma, il écrivit la Muqaddima en six mois, après 1375.

Six mois pour un livre qui a fondé une discipline : c'est le fait le plus frappant de cette vie, et il est bien établi.

Il y annonce vouloir créer une science nouvelle, celle de l'ʿumrān — la civilisation, l'organisation humaine — distincte de l'histoire comme de la politique, et qui expliquerait ce que l'histoire se contente de raconter.

La ʿaṣabiyya

Le concept central est la ʿaṣabiyya : la cohésion d'un groupe, la solidarité qui fait que ses membres se tiennent.

Son argument : un pouvoir naît d'un groupe dont la ʿaṣabiyya est forte, généralement venu des marges rudes ; ce groupe conquiert, s'installe, se civilise, s'amollit dans le luxe des villes, perd sa cohésion — et cède la place à un autre groupe venu des marges. Le cycle recommence, sur trois ou quatre générations.

Ce n'est ni une morale ni une prophétie, mais une tentative d'expliquer un enchaînement observé. C'est ce qui a fait de ce livre, cinq siècles plus tard, une lecture de sociologues.

Une introduction à un livre

La Muqaddima est, comme son nom le dit, une introduction. Elle ouvre le Kitāb al-ʿIbar, l'histoire universelle qu'il a écrite ensuite, et dont elle expose la méthode.

C'est l'introduction qui est devenue célèbre, et l'histoire qu'elle introduit qu'on lit peu.

Ce fonds ne porte pas le Kitāb al-ʿIbar — vérifié sur l'ensemble du catalogue. Le lecteur a donc ici la méthode sans l'ouvrage auquel elle s'applique, et il faut qu'il le sache.

Le Caire, et Tamerlan

Installé au Caire, il fut nommé six fois grand cadi des Malikites, et ne garda jamais la charge longtemps.

En 1401, pendant le siège de Damas, il se fit descendre des remparts pour rencontrer Tamerlan, et négocia avec lui sept semaines durant. Le vieil historien des dynasties face au conquérant qui en défaisait une : aucun de ses lecteurs n'invente une scène pareille.

Il mourut au Caire cinq ans plus tard et y fut enterré.

Ce que la bibliothèque conserve

Quatre cartes sur sa page, et il faut les distinguer, car le catalogue ne le fait pas. Le fonds en porte cinq : la cinquième est un doublon masqué, dont il sera question plus bas.

Deux sont l'édition critique d'ʿAbd al-Salām al-Shaddādī, dont la page de titre annonce « l'édition spéciale en cinq volumes » : le tome 1 (479 p.) et le tome 2 (393 p.). Deux volumes sur cinq. C'est la meilleure édition savante du texte, et elle est ici incomplète.

Un troisième est une Muqaddima complète en un seul volume, 555 pages.

Les deux derniers sont, au bit près, le même fichier : trente-deux pages tirées de la série égyptienne Kitāb fī jarīda, numéro 91 — un abrégé paru en supplément de journal. Le catalogue les présente sous deux entrées différentes ; c'est une seule et même chose, entrée deux fois.

Ne sont ici ni le Kitāb al-ʿIbar, ni le Taʿrīf, son autobiographie. Ce rayon porte donc la Muqaddima et rien d'autre de lui — mais il la porte sous trois formes très inégales, et le lecteur avisé prendra le volume unique s'il veut le texte entier, ou les deux tomes de Shaddādī s'il veut l'appareil.