Muḥammad Salīm al-ʿAwwā (né en 1942), juriste égyptien, docteur en droit comparé de l'université de Londres. Avocat, ancien secrétaire général de l'Union mondiale des savants musulmans, il a consacré son œuvre à confronter le droit musulman classique aux catégories du droit public et pénal modernes. Figure du courant réformiste dit de la wasaṭiyya, il fut candidat à l'élection présidentielle égyptienne de 2012.
Alexandrie, 1942
Muḥammad Salīm al-ʿAwwā naît le 22 décembre 1942 à Alexandrie. Il fait son droit en Égypte, puis soutient en 1972 à l'université de Londres un doctorat de droit comparé. Ce point de départ explique tout le reste : il n'aborde pas le fiqh en théologien mais en juriste, avec les catégories du droit positif — qualification, preuve, sanction, procédure.
Le double métier
Il a exercé des deux côtés. Substitut du procureur général, puis avocat à la Cour de cassation et arbitre international ; et parallèlement professeur de droit et de fiqh dans plusieurs universités arabes. Membre de l'Académie de langue arabe du Caire et de l'Académie internationale du fiqh islamique. Ce cumul est rare, et il se lit dans ses livres : les objections qu'il traite sont celles qu'un tribunal lui opposerait.
Le système pénal, repris à la base
Fī uṣūl al-niẓām al-jināʾī al-islāmī sort de sa thèse. Il y traite les peines coraniques comme un juriste traite une matière pénale : quelles infractions sont définies, à quelles conditions, sous quel régime de preuve, avec quelles causes d'extinction. La démonstration est que ces conditions sont si exigeantes que l'application devient l'exception et non la règle — argument de droit et non de tempérament. Trois cent quatre-vingt-six pages, le plus gros volume du rayon.
Le système politique
Fī al-niẓām al-siyāsī li-l-dawla al-islāmiyya applique la même méthode au pouvoir : il cherche ce que les sources obligent réellement et ce qu'elles laissent à la décision des hommes, et conclut que la forme du gouvernement relève du second. Le livre a été l'un des plus lus de sa génération sur cette question.
Pour la religion et pour la patrie
Li-l-dīn wa-l-waṭan : fuṣūl fī ʿalāqat al-muslimīn bi-ghayr al-muslimīn porte sur le statut des non-musulmans dans un État à majorité musulmane. Le fonds détient aussi, sous une autre signature, Muwāṭinūn lā dhimmiyyūn de Fahmī Huwaydī, qui traite la même question à la même époque et aboutit au même endroit par un autre chemin. Deux livres voisins qu'aucun catalogue ne rapproche.
Le droit à l'expression
Al-Ḥaqq fī al-taʿbīr examine la liberté d'expression comme une question juridique : d'où vient la limite, qui la pose, et selon quelle procédure. C'est le terrain où la formation de comparatiste est la plus visible.
La crise de l'institution religieuse
Azmat al-muʾassasa al-dīniyya, soixante-dix-sept pages, porte sur l'autorité religieuse officielle — sa compétence, son indépendance, et ce qu'elle peut ou ne peut pas trancher. C'est un texte bref et frontal, écrit par quelqu'un qui n'en relève pas.
Un livre daté, et qui l'assume
Al-Azma al-siyāsiyya wa-l-dustūriyya fī Miṣr 1987-1990 porte ses bornes dans son titre. C'est une analyse de circonstance devenue un document : on y lit non pas ce qu'on pense aujourd'hui de ces années, mais ce qu'un juriste en disait pendant qu'elles se déroulaient.
Ce que la bibliothèque conserve
Sept fichiers, tous en arabe, tous dans un même dossier d'auteur, et aucun doublon — vérifié par le groupement sur la taille et le nombre de pages.
On y trouve ses deux livres majeurs — le système pénal et le système politique —, Li-l-dīn wa-l-waṭan, al-Ḥaqq fī al-taʿbīr, Azmat al-muʾassasa al-dīniyya, le volume sur la crise de 1987-1990, et une brochure de vingt-neuf pages sur la modération en politique.
Et une réserve que le lecteur doit connaître avant d'ouvrir : quatre de ces sept fichiers portent une couche texte et sont consultables mot à mot ; trois n'en ont pratiquement pas — et ce sont précisément Fī uṣūl al-niẓām al-jināʾī, Fī al-niẓām al-siyāsī et Li-l-dīn wa-l-waṭan, c'est-à-dire les trois qui comptent. Le même défaut que chez Fahmī Huwaydī, et au même endroit : ce qu'on voudrait chercher est dans les fichiers où l'on ne peut pas chercher.