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Auteur

Ibn ʿAbd al-Barr

أبو عمر يوسف بن عبد الله بن محمد بن عبد البر النمري (ابن عبد البر)

2 livres

À propos de l'auteur

Ibn ʿAbd al-Barr (978–1071), grand savant et traditionniste de Cordoue, figure majeure du mālikisme andalou, auteur de « al-Tamhīd » et « al-Istīʿāb ».

Cordoue, 368 de l'hégire

Abū ʿUmar Yūsuf b. ʿAbd Allāh b. ʿAbd al-Barr al-Namarī naît à Cordoue en 368 (978), dans une famille de juristes. Il a une trentaine d'années quand la capitale omeyyade s'effondre : la guerre civile qui commence en 1009 met fin au califat, disperse les bibliothèques et les savants, et remplace un État par une vingtaine de principautés rivales. Toute sa vie d'adulte se passe après cette rupture.

Un savant sans capitale

Il enseigne et exerce la justice dans les royaumes de taifas — il fut cadi à Lisbonne et à Santarém —, se déplaçant entre des cours qui se font la guerre et se disputent les lettrés. Cette dispersion politique a eu un effet paradoxal : jamais l'Andalus n'a compté autant de centres de savoir qu'au moment où elle cessait d'être un État. Ibn ʿAbd al-Barr est le produit exact de cette situation.

Le ḥāfiẓ de l'Occident

On l'a surnommé le grand mémorisateur du Maghreb, et le titre n'est pas une flatterie : il connaissait les chaînes de transmission comme un juriste connaît ses textes, et il s'en sert pour trancher. Mālikite de formation dans un pays où le mālikisme était la norme officielle, il s'en écarte quand la tradition lui paraît l'imposer, ce qui lui a valu des reproches de son vivant.

« al-Tamhīd »

Son œuvre maîtresse est un commentaire monumental du « Muwaṭṭaʾ » de Mālik, organisé non par chapitres de droit mais par les maîtres dont Mālik tient ses traditions. Le choix est significatif : il fait du livre fondateur du mālikisme un objet d'examen critique, hadith par hadith, chaîne par chaîne. Cet ouvrage n'est pas au fonds.

« al-Istīʿāb fī maʿrifat al-aṣḥāb »

C'est le livre que le fonds tient, et en deux éditions. Il s'agit d'un dictionnaire biographique des Compagnons du Prophète, classé alphabétiquement, où chaque notice rassemble ce qu'on sait d'une vie et ce qu'on en rapporte de contradictoire. C'est le premier ouvrage de ce genre composé en Occident musulman, et il a servi de base à ceux qui l'ont suivi — Ibn al-Athīr, puis Ibn Ḥajar, écrivent en partant de lui et en le corrigeant.

Ce que fait un dictionnaire de Compagnons

L'enjeu n'est pas commémoratif mais juridique. Un hadith ne vaut que par la chaîne qui le porte, et le premier maillon en est toujours un Compagnon : savoir qui était cet homme, où il vivait, qui il a pu rencontrer et jusqu'à quand il a vécu permet d'accepter ou d'écarter une tradition. Un tel dictionnaire est l'outillage d'une science, non un martyrologe.

« Jāmiʿ bayān al-ʿilm »

Il a aussi écrit un livre sur le savoir lui-même — sa valeur, ses conditions, ce qu'on doit à ses maîtres, les dangers de l'ignorance qui se croit savante — qui est resté lu bien au-delà des cercles de spécialistes. C'est chez lui que l'on trouve une grande partie des propos anciens sur la transmission du savoir que l'on cite encore.

La fin, à Xátiva

Il meurt en 463 (1071) à Shāṭiba, l'actuelle Xátiva, à plus de quatre-vingt-dix ans. Il avait vu le califat de Cordoue disparaître, les taifas se former, et il meurt quelques années avant que l'arrivée des Almoravides ne change encore une fois le cadre politique de son pays.

Deux éditions, et non un doublon

Le fonds tient « الاستيعاب » sous deux formes : l'une de 2 092 pages, l'autre de 1 025 chez دار الأعلام. Ce ne sont pas deux exemplaires du même objet mais deux établissements du texte, qui ne découpent ni ne présentent la matière de la même façon. La seconde est restée masquée jusqu'à aujourd'hui, retenue pour un doublon ; elle ne l'était pas.

Ce que le rayon ne permet pas

Les deux volumes sont des scans sans couche de texte — un signe par page, c'est-à-dire rien. C'est particulièrement coûteux ici : un dictionnaire biographique ne se lit pas, il se consulte à une entrée, et une entrée se trouve par son nom. Sans texte, il faut parcourir deux mille pages d'images pour vérifier ce qu'une recherche donnerait en une seconde. Le rayon le plus fait pour la fouille est celui qui s'y refuse le plus complètement.