Ismāʿīl ibn ʿUmar ibn Kathīr (700–774 h. / v. 1300–1373), traditionniste, exégète et historien de Damas, élève et compagnon d'Ibn Taymiyya. Son Tafsīr al-Qurʾān al-ʿaẓīm, qui explique le Coran par le Coran et par le hadith, et sa chronique universelle al-Bidāya wa-l-nihāya comptent parmi les ouvrages les plus lus de la tradition sunnite.
Bosra, puis Damas
Ismāʿīl b. ʿUmar b. Kathīr naît vers 1300 près de Bosra, en Syrie méridionale. Orphelin à quatre ans, il est emmené à Damas par son frère aîné. Il y passera toute sa vie : la ville est alors, après la chute de Bagdad, le premier foyer du hadith en terre d'islam, et il en fréquentera les principales écoles.
Ses maîtres
Il étudie auprès d'al-Mizzī, le maître de la science des transmetteurs, dont il épouse la fille — ce qui le place au centre d'un réseau savant. Il suit aussi al-Dhahabī, dont la bibliothèque conserve trente volumes, et Ibn Taymiyya, dont elle conserve trente-neuf ouvrages. Les trois notices sont à ce registre : c'est le même milieu damascène, à une génération d'écart.
Le disciple d'Ibn Taymiyya
Son attachement à Ibn Taymiyya lui vaut des ennuis : il est interrogé lors des procès faits à son maître, et écarté d'une chaire pour cette raison. Il ne s'en détacha pas, et demanda à être enterré auprès de lui — ce qui fut fait, au cimetière des soufis de Damas.
« Le commentaire du Coran sublime »
Tafsīr al-Qurʾān al-ʿaẓīm est l'unique œuvre de lui que la bibliothèque conserve, en onze volumes. C'est l'un des deux ou trois commentaires les plus lus de l'islam sunnite, et sa méthode tient en un principe : expliquer le Coran par le Coran, puis par le hadith, puis par les avis des Compagnons — dans cet ordre, et sans y mêler de spéculation.
Ce qu'il écarte
Sa particularité est négative autant que positive : il élague les isrāʾīliyyāt, ces récits d'origine biblique dont les commentaires anciens étaient chargés, et signale ceux qu'il rapporte comme invérifiables. Cette prudence, jointe à la clarté de la langue, explique qu'il ait supplanté des tafsīr plus anciens dans l'usage courant.
Le reste de l'œuvre, absent d'ici
Il a écrit une histoire universelle, al-Bidāya wa-l-nihāya, en quatorze volumes, et des traités sur les transmetteurs et la jurisprudence. Aucun n'est au catalogue : ce fonds ne connaît de lui que l'exégète, ce qui est une manière partielle mais fidèle de le lire, le tafsīr étant ce par quoi il est passé à la postérité.
Fin
Il perd la vue vers la fin de sa vie, en travaillant, dit-on, à un ouvrage sur les transmetteurs. Il meurt à Damas en 1373. Les onze volumes de ce fonds portent six graphies différentes de son nom — al-Ḥāfiẓ, Abū al-Fidāʾ, ʿImād al-Dīn, avec ou sans dates : la même main derrière six étiquettes, ce que le regroupement du catalogue rétablit.