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Jamāl al-Bannā

Auteur

Jamāl al-Bannā

جمال البنا

12 livres

À propos de l'auteur

Jamāl al-Bannā (1920–2013), penseur égyptien, frère cadet de Ḥasan al-Bannā, fondateur des Frères musulmans. Il suivit une voie opposée à celle de son aîné : lecture réformiste radicale, critique de l'autorité des juristes, rejet de la peine d'apostasie, défense de la liberté de conscience et des droits des femmes. Syndicaliste de formation, il fut longtemps marginal avant d'être redécouvert.

Le plus jeune des Bannā

Jamāl al-Bannā naît en 1920 à Maḥmūdiyya, dans le delta égyptien, seize ans après son frère Ḥasan, fondateur des Frères musulmans. Il ne rejoindra jamais l'organisation de son aîné et prendra, sa vie durant, des positions qui l'en éloignent — ce que sa parenté rendait plus visible qu'un autre.

Un autodidacte

Renvoyé de l'école secondaire, il se forme seul, en lisant, et gagne sa vie dans l'édition puis dans le syndicalisme. Il fut l'un des fondateurs de l'Institut international du travail au Caire et écrivit longtemps sur les questions ouvrières avant de revenir aux sciences religieuses — ordre inhabituel, qui marque tout ce qu'il écrira ensuite.

Le retour au fiqh

Sa thèse est qu'il faut refaire le droit musulman à partir du Coran et de la sunna vérifiée, en écartant l'accumulation des écoles. Il appelle cela « une nouvelle jurisprudence » et en tire des conclusions que l'establishment religieux a refusées — c'est le sens de la plupart des titres de ce fonds.

La liberté de pensée

Ḥurriyyat al-fikr wa-l-iʿtiqād fī l-islām, au catalogue, soutient qu'il n'existe pas de peine terrestre pour l'apostasie et que la contrainte en religion contredit le texte. Al-Taʿaddudiyya fī mujtamaʿ islāmī prolonge l'argument du côté du pluralisme.

Les fatwas contestées

Jawāz imāmat al-marʾa al-rijāl, présent ici, autorise une femme à diriger la prière d'une assemblée mixte — position qui lui valut une condamnation quasi unanime des autorités religieuses en 2005. Al-Jamʿ bayna al-ṣalātayn fī l-ḥaḍar et al-Ribā wa-ʿalāqatuhu bi-l-mumārasāt al-maṣrifiyya, également au fonds, portent la même marque : reprendre une question close et la rouvrir par le texte.

Le bilan politique

Masʾūliyyat fashal al-dawla al-islāmiyya fī l-ʿaṣr al-ḥadīth, au catalogue, examine pourquoi les projets d'État islamique du XXᵉ siècle ont échoué. Venant du frère cadet de Ḥasan al-Bannā, le titre seul est une prise de position — et le livre ne ménage pas les mouvements dont son aîné fut l'origine.

Un livre qui détonne

Ẓuhūr wa-suqūṭ jumhūriyyat Fāymār, également ici, raconte la République de Weimar et la manière dont l'indécision politique conduit à l'effondrement. C'est le seul titre de son fonds qui ne traite ni d'islam ni de travail : un homme qui lit l'Allemagne des années vingt pour comprendre son propre siècle.

Fin

Il écrit jusqu'à la fin, publie plus d'une centaine d'ouvrages, et meurt au Caire en 2013, à quatre-vingt-douze ans. La bibliothèque en conserve douze — presque tous des textes de rupture, ce qui donne de lui une image cohérente : celle d'un homme qui a passé sa vie à rouvrir ce que d'autres tenaient pour réglé.