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Auteur

Taha Abderrahmane

طه عبد الرحمن

6 livres

À propos de l'auteur

Taha Abderrahmane (né en 1944), philosophe marocain de la logique, du langage et de l’éthique, défenseur d’une modernité enracinée dans l’éthique islamique.

El Jadida, 1944

Ṭāhā ʿAbd al-Raḥmān est né en 1944 à El Jadida, sur la côte atlantique marocaine.

Il y fit ses études primaires, le secondaire à Casablanca, puis obtint une licence de philosophie à l'université Mohammed-V de Rabat.

Il est l'un des rares philosophes vivants dont ce fonds conserve plusieurs livres, et le seul Marocain de cette stature à y figurer avec une œuvre suivie.

Deux thèses à la Sorbonne

Il poursuivit à la Sorbonne, où il prit une seconde licence, puis deux doctorats.

Le premier, en 1972, s'intitulait « Langage et philosophie : essai sur les structures linguistiques de l'ontologie ».

Le second, doctorat d'État en 1985, portait sur « l'inférence argumentative et naturelle et ses modèles ».

On retient de lui qu'il est un philosophe de la morale. On oublie qu'il vient de la logique et de la philosophie du langage, et que ces deux thèses en sont la preuve.

Trente-cinq ans à Rabat

Il enseigna la logique et la philosophie du langage à l'université Mohammed-V de Rabat, de 1970 jusqu'à sa retraite en 2005.

Trente-cinq ans dans la même chaire, dans la même ville : c'est une vie académique sans péripétie, et le contraire exact de celles qu'on lit ailleurs dans ce catalogue.

L'œuvre, elle, s'est faite en deux temps très distincts, et ce fonds permet de voir la charnière.

Le logicien

Deux des livres conservés ici viennent directement de sa formation.

Al-Manṭiq wa-l-naḥw al-ṣūrī, « la logique et la grammaire formelle », est de 1985 — l'année même de son doctorat d'État.

Al-Lisān wa-l-mīzān aw al-takawthur al-ʿaqlī, « la langue et la balance, ou la prolifération rationnelle », est de 1998. Le titre oppose le lisān, la langue naturelle, au mīzān, la logique — la « balance » des anciens. Sa thèse y est que la raison ne se réduit pas à sa forme logique, et que la langue porte des ressources de rationalité que le formalisme laisse tomber.

On ne comprend pas sa morale sans cela : elle est bâtie par quelqu'un qui a d'abord passé vingt ans sur les limites du raisonnement formel.

Le tournant de l'éthique

Suʾāl al-akhlāq, « la question de l'éthique », paraît en 2000 chez le Centre culturel arabe, avec un sous-titre qui dit le programme : contribution à la critique éthique de la modernité occidentale.

Sa position : la modernité occidentale a produit une puissance considérable et un déficit éthique du même ordre, parce qu'elle a séparé l'agir de la valeur. Et un penseur arabe qui l'imiterait importerait le déficit avec la puissance.

Il ne rejette pas la modernité. Il soutient qu'il en existe un esprit, distinct de la forme occidentale qu'elle a prise, et qu'on peut le recevoir autrement — thèse qu'il développera dans Rūḥ al-ḥadātha, en 2006. Ce livre-là n'est pas ici.

L’iʾtimāniyya

Sa philosophie tardive porte un nom : al-iʾtimāniyya, qu’on peut rendre par « fiduciarité » ou paradigme de la confiance déposée.

Il y refonde la théorie éthique sur des pactes que l’homme contracte, et non sur le contrat social des modernes : l’homme y est d’abord celui à qui une chose a été confiée, dépositaire avant d’être contractant.

Ce fonds ne porte aucun des livres où ce système est exposé. Le lecteur y trouvera d’où il vient, et non où il aboutit.

Le vis-à-vis que le rayon ne porte pas

En 1994 il publia Tajdīd al-manhaj fī taqwīm al-turāth, où il s'en prend à la méthode de Muḥammad ʿĀbid al-Jābirī, le philosophe marocain de la génération précédente et l'auteur de la Critique de la raison arabe.

C'est l'une des controverses majeures de la pensée arabe contemporaine, et elle est marocaine des deux côtés.

Or cette bibliothèque conserve vingt-neuf livres d'al-Jābirī, dont sa Critique de la raison arabe. Et elle ne conserve pas le livre où Ṭāhā ʿAbd al-Raḥmān le réfute.

Le lecteur a donc, ici, une seule des deux voix de ce débat — celle contre laquelle l'autre s'est écrite.

Ce que la bibliothèque conserve

Cinq cartes sur sa page, pour cinq ouvrages, au rayon de la pensée. Le fonds porte un sixième fichier, masqué : la seconde numérisation de Suʾāl al-akhlāq.

Dans l'ordre où il les a écrits : al-Manṭiq wa-l-naḥw al-ṣūrī (1985), Fī uṣūl al-ḥiwār wa-tajdīd ʿilm al-kalām (1987), al-ʿAmal al-dīnī wa-tajdīd al-ʿaql (1989), al-Lisān wa-l-mīzān (1998), Suʾāl al-akhlāq (2000).

Suʾāl al-akhlāq y figure deux fois : deux numérisations distinctes du même livre. L'une porte la page d'éditeur — Centre culturel arabe, première édition, 2000, deux cent dix pages imprimées — et l'autre non. Qui veut la référence exacte prendra la première.

Le fonds s'arrête donc en l'an 2000, et il s'y arrête net. Ne sont pas ici : Tajdīd al-manhaj (1994), Rūḥ al-ḥadātha (2006), al-Ḥaqq al-ʿarabī fī al-ikhtilāf al-falsafī (2002), Buʾs al-dahrāniyya (2014), Dīn al-ḥayāʾ (2017) — vérifié sur l'ensemble du catalogue.

Quinze années d'une œuvre qui en compte plus du double. Ce sont les quinze premières.