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Auteur

Muḥammad Ṭāhā al-Ḥājirī

محمد طه الحاجري

2 livres

À propos de l'auteur

Muḥammad Ṭāhā al-Ḥājirī, critique littéraire et historien de la littérature arabe. Ses travaux portent sur la vie littéraire du Maghreb et sur les moments où l'histoire religieuse laisse sa trace dans les textes — notamment la phase fatimide et ses prolongements. Sa méthode consiste à lire l'histoire des idées par ses effets sur la production littéraire plutôt que par ses doctrines.

Un historien de la vie littéraire

Muḥammad Ṭāhā al-Ḥājirī est un universitaire égyptien spécialiste de la littérature arabe. Son nom est surtout attaché à son édition du « Livre des avares » d'al-Jāḥiẓ, précédée d'une étude longue qui a servi de référence. Les deux volumes qu'en tient ce fonds relèvent d'un autre de ses chantiers, et ils forment un ensemble.

« La vie littéraire » comme objet

Les titres de ses deux livres portent la même expression — « الحياة الأدبية ». Ce n'est pas un synonyme de « littérature » : la vie littéraire désigne les conditions dans lesquelles on écrit et on lit, les cercles, les mécènes, les bibliothèques, les concurrences entre centres. C'est une histoire sociale de l'écrit plutôt qu'une suite de notices d'auteurs, et c'est ce qui en fait l'intérêt pour qui veut comprendre un milieu plutôt que juger des œuvres.

« Dirāsāt wa-ṣuwar »

« دراسات وصور من تاريخ الحياة الأدبية في المغرب العربي », 464 pages, est le volume principal. Le mot « ṣuwar » — tableaux, images — annonce la méthode : non pas une histoire continue mais une série de coupes, chacune éclairant un moment ou un lieu. La forme a un avantage et un défaut : elle permet d'aller là où les sources existent, et elle laisse des trous là où elles manquent.

« Marḥalat al-tashayyuʿ »

Le second volume, 145 pages, isole un épisode : la phase shīʿite au Maghreb et son effet sur la vie littéraire. Il s'agit de la période fatimide, depuis l'implantation en Ifrīqiya jusqu'au départ pour l'Égypte et au-delà. Traiter ce moment à part se justifie : c'est le seul où la littérature maghrébine a eu un centre de pouvoir qui lui était propre et une doctrine officielle à servir ou à éviter.

Pourquoi cette période est difficile à écrire

Les sources en sont partiales de part en part. Les vainqueurs ultérieurs ont peu d'intérêt à conserver la production d'une dynastie qu'ils tenaient pour hérétique ; et ce qui subsiste du côté ismaélien a été transmis à l'intérieur de la communauté, hors des bibliothèques publiques. Un historien de la vie littéraire travaille donc ici sur un corpus doublement filtré, et c'est ce qui rend ses cent quarante-cinq pages prudentes.

Un trio dans ce fonds

Ce volume prend un relief particulier parce que cette bibliothèque tient les deux sources que l'historien doit croiser. D'un côté la section maghrébine des « ʿUyūn al-akhbār » d'Idrīs ʿImād al-Dīn, l'histoire que la communauté ismaélienne donne d'elle-même. De l'autre le « Rawḍ al-qirṭās » d'Ibn Abī Zarʿ, la chronique écrite à Fès sous commande mérinide. Al-Ḥājirī est le troisième terme : l'étude moderne qui tente de faire parler ces deux-là ensemble.

Son éditeur

Les deux volumes paraissent chez دار النهضة العربية, à Beyrouth — un éditeur universitaire généraliste, non maghrébin. Le détail dit quelque chose du champ : l'histoire littéraire du Maghreb s'est en partie écrite depuis Le Caire et Beyrouth, avec les moyens et les angles de ces capitales, avant que les universités maghrébines ne prennent le relais.

Deux moitiés rangées loin l'une de l'autre

Le catalogue classe « دراسات وصور » dans la catégorie « المغرب » et « مرحلة التشيع » dans « الفرق الاسلامية ». Chaque rangement se défend isolément : l'un porte sur une région, l'autre sur un courant. Mais les deux livres sont les deux moitiés d'un même travail, et un lecteur qui tombe sur l'un n'a aucune raison de soupçonner l'existence de l'autre. C'est la page de l'auteur, et elle seule, qui les réunit.

Ce que valent ces livres aujourd'hui

Les études de ce genre, écrites au milieu du XXe siècle, ont été dépassées sur les faits par les travaux qui ont suivi — éditions nouvelles, fouilles, documents retrouvés. Elles gardent autre chose : une manière de poser les questions, et un état de ce qu'on pouvait savoir à une date. On les lit pour la seconde raison, et il faut le savoir en les ouvrant.

Ce que le rayon donne, inégalement

Les deux volumes ne sont pas dans le même état. « مرحلة التشيع », 145 pages, porte une couche de texte dense — 2 818 signes par page, 8 426 lignes d'arabe — et se cherche au mot. « دراسات وصور », qui est le volume principal avec ses 464 pages, est un scan muet : un signe par page. Le fonds donne donc à fouiller l'annexe et non le corps du travail, ce qui est l'inverse de ce qu'on voudrait.