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Auteur

Mullā Ṣadrā

صدر الدين محمد الشيرازي

2 livres

À propos de l'auteur

Mullā Ṣadrā (Ṣadr al-Dīn Muḥammad al-Shīrāzī, v. 1571–1635), le plus considérable des philosophes de la Perse safavide. Formé à Ispahan auprès de Mīr Dāmād, il se retira une quinzaine d'années au village de Kahak avant d'enseigner à Chiraz. Sa « philosophie transcendante » (al-ḥikma al-mutaʿāliya) noue en un seul système l'héritage d'Avicenne, l'illuminisme de Suhrawardī et la théosophie d'Ibn ʿArabī. Elle repose sur la primauté de l'existence sur l'essence, sur sa gradation (tashkīk) et sur le mouvement substantiel — l'idée que la substance même des choses est en devenir. Outre les Asfār, somme de sa doctrine, il a laissé un commentaire coranique et de nombreux traités, dont la bibliothèque conserve un recueil.

Chiraz, une famille en vue

Muḥammad b. Ibrāhīm al-Shīrāzī, que la tradition appelle Mullā Ṣadrā, naît à Chiraz vers 1571, fils unique d'un notable de la province du Fārs. La fortune familiale lui donne ce que peu de philosophes ont eu : le temps. Il étudiera longtemps, se retirera longtemps, et n'aura jamais à vivre de son enseignement.

Ispahan : Mīr Dāmād et Shaykh Bahāʾī

Il monte étudier à Ispahan, capitale des Safavides, auprès de deux maîtres que tout sépare. De Mīr Dāmād il reçoit la philosophie — avicennienne, illuminative, discutée dans ses termes techniques. De Bahāʾ al-Dīn al-ʿĀmilī, juriste, mathématicien et homme de cour, il reçoit les sciences religieuses. Cette double formation explique qu'il n'ait jamais traité la philosophie et la révélation comme deux domaines à concilier après coup.

Les années de Kahak

Contesté par des juristes que sa philosophie inquiétait, il quitte la capitale et se retire une quinzaine d'années dans un village près de Qom. Il y a décrit lui-même une retraite d'austérité et de méditation, au terme de laquelle il dit avoir cessé de raisonner sur les choses pour les voir. Ce qu'on fait de cette déclaration importe moins que son effet : c'est de ces années que sort son œuvre.

La « sagesse transcendante »

Il appelle sa doctrine « الحكمة المتعالية ». L'ambition est une synthèse : la démonstration des péripatéticiens, l'illumination de Suhrawardī, l'expérience des soufis dans la ligne d'Ibn al-ʿArabī, et la théologie. Il ne juxtapose pas ces sources ; il soutient que la démonstration, l'intuition et la révélation, menées correctement, ne peuvent pas aboutir à des résultats différents.

La primauté de l'existence

Sa thèse la plus discutée renverse la tradition dont il vient. Pour Ibn Sīnā et pour son maître Mīr Dāmād, ce qui est premier, c'est la quiddité — ce qu'une chose est — et l'existence lui advient. Ṣadrā pose l'inverse : l'existence est le réel, la quiddité n'est que la manière dont l'esprit la découpe. Et cette existence est graduée : non pas des êtres séparés, mais une intensité qui varie.

Le mouvement substantiel

De là sa proposition la plus neuve : le changement n'affecte pas seulement les qualités d'une chose mais sa substance même. Rien ne demeure identique en attendant d'être modifié ; tout est en devenir continu, jusque dans ce qu'on croyait être le support stable du changement. Cette thèse a des conséquences que ses adversaires ont vues aussitôt — sur la nature de l'âme, et sur ce que devient un monde dont rien ne persiste.

Les « Asfār », et leur absence ici

Son grand œuvre, « الحكمة المتعالية في الأسفار العقلية الأربعة », est bâti sur la métaphore d'un voyage en quatre étapes : de la créature vers Dieu, en Dieu, de Dieu vers la créature, et parmi les créatures. C'est le livre par lequel il est étudié depuis quatre siècles dans les séminaires iraniens. Il n'est pas au fonds.

Retour à Chiraz, et la fin

Rappelé pour enseigner à Chiraz dans une école fondée par la famille gouvernante, il y forme des élèves dont deux, Fayḍ Kāshānī et Lāhījī, devinrent ses gendres et transmirent son école. Il meurt à Bassora vers 1640, au cours de l'un de ses pèlerinages à La Mecque — la tradition en compte sept, faits à pied.

Ce que le fonds tient

Deux volumes seulement, et aucun n'est son œuvre maîtresse. « مجموعة رسائل فلسفية », 513 pages parues à Beyrouth chez دار إحياء التراث العربي, rassemble des traités brefs où les thèses sont énoncées sans l'appareil des « Asfār » — c'est, pour qui veut entrer chez lui, une porte plus praticable que le grand œuvre. Le second est un fragment de son commentaire coranique, 85 pages publiées à Qom, sur un texte qu'il a laissé inachevé et qui ne couvre qu'une partie du Coran.

Et deux fichiers qu'on ne peut pas fouiller

Le rayon est entièrement fermé à la recherche, pour deux raisons différentes qu'il vaut la peine de distinguer. Les « رسائل فلسفية » sont un scan franc : un signe par page, l'annonce est honnête. Le « تفسير القرآن الكريم » est le second cas trompeur rencontré dans ce fonds — il porte une couche de texte de 5 695 signes, soit 67 par page, un chiffre qui pourrait passer pour une mise en page aérée ; mais elle ne contient **pas une seule lettre arabe**. Aucune recherche n'y aboutira, et aucun contrôle binaire ne le dira.