Bibliothèque
Condoleezza Rice

Auteur

Condoleezza Rice

كوندوليزا رايس

1 livre

À propos de l'auteur

Condoleezza Rice (née en 1954), politologue américaine, spécialiste de l'Union soviétique, professeure à Stanford. Conseillère à la sécurité nationale puis secrétaire d'État de George W. Bush, elle fut l'une des principales architectes de la politique étrangère américaine des années 2000 — 11 septembre, guerres d'Afghanistan et d'Irak, feuille de route israélo-palestinienne.

Birmingham, 1954

Condoleezza Rice naît en 1954 à Birmingham, en Alabama, dans une ville où la ségrégation était encore la loi. Son père était pasteur presbytérien, sa mère enseignante. En 1963, l'attentat contre une église baptiste de la ville tua quatre fillettes, dont l'une avait été sa camarade. Elle a raconté cet épisode comme l'un des faits fondateurs de sa vie, et il figure dans ses livres autobiographiques.

Une carrière qui commence au piano

Formée comme pianiste, elle entre à l'université de Denver à quinze ans avec l'intention de faire une carrière de concertiste. Elle change d'orientation après un cours de relations internationales donné par un universitaire d'origine tchèque — le père de celle qui sera, avant elle, secrétaire d'État. Elle soutient une thèse en 1981 et devient spécialiste de l'Union soviétique et de l'Europe de l'Est.

Stanford

Professeure à Stanford, elle en devient en 1993 la prévôte — la plus haute fonction académique et budgétaire de l'université — à trente-huit ans, première femme et première personne noire à ce poste. Ce détail compte pour lire la suite : avant d'entrer au gouvernement, elle avait administré une institution de plusieurs milliers de personnes et redressé son budget.

Deux fonctions, deux périodes

Elle est conseillère à la sécurité nationale de 2001 à 2005, puis secrétaire d'État de 2005 à 2009 — première femme noire à ce poste. Les deux mandats ne se ressemblent pas : le premier couvre les attentats de septembre 2001 et la décision d'envahir l'Irak, le second la gestion de ce qui s'ensuivit. C'est la seconde période qui concerne le plus directement les lecteurs de cette bibliothèque.

Ce que son mandat a touché au monde arabe

Comme secrétaire d'État, elle a eu la charge de dossiers qui ont pesé directement sur la région : l'occupation de l'Irak et ses institutions, la guerre du Liban de 2006, les élections palestiniennes de 2006 et la rupture qui a suivi, la conférence d'Annapolis. Son témoignage sur la façon dont ces décisions ont été prises est une source de première main, quoi qu'on pense des décisions.

« Asmā marātib al-sharaf »

Le volume au fonds, 849 pages chez دار الكتاب العربي à Beyrouth, est la traduction de ses mémoires de Washington. C'est un livre de praticien : qui était dans la pièce, ce qui a été dit, quelles options ont été écartées. Sa valeur documentaire tient à ce niveau de détail, et sa limite à ce qu'il est écrit par une partie.

Un mémoire n'est pas un journal

Cette bibliothèque tient aussi le journal de guerre de Ben-Gourion, et la différence entre les deux genres est instructive. Un journal est écrit au jour le jour, sans savoir la suite : on y trouve des erreurs d'appréciation laissées telles quelles. Un mémoire est écrit après, par quelqu'un qui connaît l'issue et qui a un bilan à défendre. Le premier donne un état d'esprit daté, le second une construction. Les deux sont utiles ; ils ne se lisent pas de la même façon.

Une triade dans ce fonds

Avec le journal de Ben-Gourion et les écrits d'Henry Kissinger, qui ont tous deux leur notice dans ce registre, ce volume forme un ensemble : trois praticiens du pouvoir dont la bibliothèque donne les mots propres, en arabe, plutôt que des commentaires sur eux. Les éditeurs diffèrent — un institut de recherche palestinien pour l'un, des maisons commerciales de Beyrouth pour les autres — mais l'intention de fonds est la même : donner à lire l'adversaire dans son texte.

Le traducteur, encore une fois sans nom

Ni le catalogue ni la fiche ne nomment le traducteur de ces 849 pages. C'est un manque que j'ai relevé sur plusieurs rayons de ce fonds — Goethe est l'exception notable, dont les deux volumes portent le nom de ʿAbd al-Raḥmān Badawī. Pour un mémoire politique, la traduction n'est pas neutre : le choix des mots qui rendent un euphémisme diplomatique engage le sens, et il reste ici anonyme.

Huit cent quarante-neuf pages muettes

Le volume est un scan sans couche de texte : un signe par page. Pour des mémoires, la perte est celle qu'on devine : on n'ouvre pas huit cent cinquante pages pour les lire d'un trait, on y cherche ce qui est dit d'une date, d'une réunion, d'une personne nommée. C'est le même constat que pour le journal de Ben-Gourion, muet lui aussi. Des trois praticiens de ce fonds, seul Kissinger a un rayon qu'on peut interroger.