Fiodor Dostoïevski (1821–1881), romancier russe. Condamné à mort en 1849 pour appartenance à un cercle socialiste, gracié devant le peloton et déporté quatre ans au bagne de Sibérie, il tira de cette expérience une œuvre où la faute, la liberté et la foi se disputent l'âme de personnages poussés à bout. « Crime et Châtiment », « L'Idiot », « Les Frères Karamazov » ont fondé le roman psychologique moderne.
Moscou, l'hôpital des pauvres
Fiodor Dostoïevski naît en 1821 à Moscou, dans l'enceinte de l'hôpital des indigents où son père est médecin. Il y grandit parmi les malades et les misérables — l'école de regard dont sortiront ses romans. Son père meurt en 1839 dans des circonstances jamais élucidées, peut-être tué par ses serfs.
Le premier livre
Ingénieur militaire de formation, il démissionne pour écrire. Al-Fuqarāʾ — Les Pauvres Gens (1846), au fonds — le rend célèbre d'un coup : un roman par lettres sur un petit fonctionnaire et une jeune fille, que la critique salue comme la naissance d'un nouveau Gogol.
La condamnation et le bagne
Membre d'un cercle qui lit des textes interdits, il est arrêté en 1849, condamné à mort, conduit devant le peloton — et gracié à la dernière minute, la grâce ayant été gardée secrète pour faire partie du châtiment. Suivent quatre ans de bagne en Sibérie, d'où sort Mudhakkirāt min bayt al-amwāt, au catalogue.
Le tournant
Mudhakkirāt qabū — Les Carnets du sous-sol (1864), présent ici — inaugure sa seconde manière : un narrateur qui se contredit, revendique sa liberté jusqu'à l'absurde et récuse d'avance toute explication rationnelle de l'homme. Tout ce qui suit sort de ce court texte.
Les grands romans
Al-Jarīma wa-l-ʿiqāb, al-Ablah en deux parties, al-Shayāṭīn et al-Ikhwa Kārāmāzūf — les quatre sont au fonds. Chacun pose une question par un personnage : le droit de tuer au nom d'une idée, la bonté dans un monde qui la broie, la politique quand elle devient croyance, et la liberté devant un Dieu que le Grand Inquisiteur voudrait épargner aux hommes.
Les récits
Al-Layālī al-bayḍāʾ, al-Muqāmir, al-Zawj al-abadī, Ḥulm rajul muḍḥik, al-Wadīʿa, Nītūshkā Nizvānūfa — tous conservés. Le Joueur fut dicté en vingt-six jours pour payer une dette de jeu ; la sténographe qu'il engagea pour cela devint sa femme.
L'épilepsie et le jeu
Deux fléaux traversent sa vie et son œuvre : les crises d'épilepsie, dont il prête l'aura au prince Mychkine de L'Idiot, et la roulette, qui le ruine à Wiesbaden et à Bade. Les Rasāʾil, dont le fonds conserve les deux volumes, laissent lire les dettes, les avances demandées et les promesses de livraison.
Fin
Il meurt à Saint-Pétersbourg en janvier 1881, quelques mois après le discours sur Pouchkine qui lui valut une ovation nationale. La bibliothèque conserve vingt et un de ses titres : les quatre grands romans, les récits, les mémoires du bagne et sa correspondance.