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Auteur

Rāʾid al-Samhūrī

رائد السمهوري

1 livre

À propos de l'auteur

Rāʾid al-Samhūrī, chercheur saoudien formé dans le milieu salafi avant de s'en écarter. Son travail porte sur les procédés d'argumentation du discours salafi plus que sur ses conclusions : comment une lecture se donne pour la seule fidèle aux sources, et quels choix interprétatifs cette prétention dissimule. Il prend Ibn Taymiyya pour cas d'étude principal.

Un critique formé dans le courant qu'il examine

Rāʾid al-Samhūrī est un chercheur saoudien formé dans le milieu salafī, dont il s'est écarté. Ce fonds ne porte de lui qu'un seul livre, et c'est celui où cette trajectoire devient une méthode : il n'écrit pas contre une croyance qu'il n'aurait jamais tenue, il décrit des procédés d'argumentation qu'il a pratiqués. La différence n'est pas d'ordre moral — elle change ce que le livre est en mesure de montrer.

Le titre porte deux décisions

« نقد الخطاب السلفي (ابن تيمية نموذجاً) » : critique du discours, et Ibn Taymiyya pris pour cas. Le premier terme écarte la polémique de croyance ; le second refuse de parler d'un courant en bloc et choisit un auteur par lequel l'examiner. Chacune de ces deux décisions, prise seule, donnerait un autre livre.

Critiquer un discours plutôt qu'une doctrine

Examiner le discours, c'est porter l'attention non sur les conclusions mais sur les chemins : quelle lecture d'un verset est tenue pour évidente, quel rapport transmis est traité comme contraignant, à quel moment une interprétation cesse d'être nommée interprétation. L'objet n'est donc pas d'établir que telle thèse est fausse, mais de montrer qu'une thèse donnée pour la seule fidèle aux sources procède, elle aussi, de choix.

Pourquoi un seul auteur

Prendre Ibn Taymiyya (m. 728/1328) pour cas n'est pas une affaire de goût : c'est la figure par laquelle une large part du discours ultérieur établit son autorité. Examiner ses procédés, ce n'est pas examiner un auteur du VIIIᵉ siècle de l'hégire, c'est examiner ce qui tient aujourd'hui lieu de fondement.

Les trente-neuf volumes d'en face

Ce fonds porte trente-neuf volumes signés d'Ibn Taymiyya — seize mille trois cent trente-deux pages, rangées dans leur propre sous-catégorie. La critique et son objet sont donc sur les mêmes rayons, ce qui n'arrive pas souvent ici : on peut lire la thèse examinée dans le texte examiné, sans sortir de la bibliothèque.

Les textes où la question se joue

Et ce ne sont pas des volumes quelconques au regard de ce livre-ci : « الرد على المنطقيين » (588 pages) et « درء تعارض العقل والنقل » (429 pages) portent précisément sur le statut du raisonnement et sur le conflit entre la raison et la transmission ; « بيان تلبيس الجهمية » y figure complet en dix volumes, cinq mille neuf cent onze pages. Ce sont les textes de méthode, non les traités de pratique — exactement ceux que la critique d'al-Samhūrī met en cause.

Quatre séries présentes par leur seul premier tome

À côté de cette complétude, le même rayon n'a de « منهاج السنة النبوية », du « التفسير الكبير », du « الجواب الصحيح » et du « مجموع الفتاوى » que le premier volume. L'inégalité n'est pas un détail de rangement : elle décide de ce qu'un lecteur peut vérifier ici et de ce qu'il devra chercher ailleurs.

Quatre livres, trois positions

Sous la sous-catégorie du salafisme, ce fonds range exactement quatre volumes : un exposé des idées et des racines du wahhabisme, une sociologie historique du Najd, un ouvrage sur les Frères musulmans, et celui-ci. Trois positions pour quatre titres — et celle d'al-Samhūrī est la seule qui porte sur la manière d'argumenter plutôt que sur ce qui est affirmé.

Une controverse dont une moitié manque

Les rayons voisins portent la dispute en sens inverse : deux réfutations de l'ashʿarisme écrites du dedans du courant, dont l'une se donne explicitement pour la critique d'un livre — « أهل السنة الأشاعرة » — que ce fonds ne possède pas. On a donc ici la réponse sans la thèse. Al-Samhūrī est le cas contraire, et c'est ce qui rend son livre plus utilisable que ces deux-là : son objet est présent, en trente-neuf volumes.

Cinq cent cinquante-huit pages muettes, et seize mille autres

Le volume est un scan sans couche de texte : un signe par page. Et le défaut ne s'arrête pas à lui — des trente-neuf volumes d'Ibn Taymiyya, trente-huit sont dans le même état ; seul « أمراض القلوب وشفاؤها », quarante et une pages, se cherche. Pour un livre qui cite et renvoie, et pour un corpus où l'on vient vérifier une formule, le compte est de seize mille huit cent quatre-vingt-dix pages qu'aucune recherche n'atteint : la critique et son objet sont tous deux illisibles à la machine.