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Sayyid Quṭb

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Sayyid Quṭb

سيد قطب

2 livres

À propos de l'auteur

Sayyid Quṭb (1906–1966), écrivain égyptien, critique littéraire avant de devenir le principal théoricien des Frères musulmans. Son séjour aux États-Unis (1948-1950) marqua un tournant ; emprisonné à partir de 1954, il rédigea en détention l'essentiel de « Fī ẓilāl al-Qurʾān » et de « Maʿālim fī al-ṭarīq », où il formule la notion contestée de jāhiliyya moderne. Il fut exécuté en 1966. Son œuvre demeure la matrice de la pensée islamiste du XXe siècle, revendiquée comme récusée.

Mūshā, 1906

Sayyid Quṭb naît en 1906 à Mūshā, un village de la province d'Asyūṭ, en Haute-Égypte. Il apprend le Coran par cœur enfant, dans une famille de petits propriétaires lettrés et endettés. Il monte au Caire dans les années vingt et sort de Dār al-ʿUlūm en 1933, puis entre au ministère de l'Instruction publique, où il fera carrière comme inspecteur pendant près de vingt ans.

Le critique littéraire

On oublie régulièrement que sa première vie est entièrement littéraire. Il écrit des poèmes, publie des essais, appartient au cercle d'al-ʿAqqād, et se fait connaître comme critique — il compte parmi les premiers à reconnaître le talent de Naguib Mahfouz. Son traité de critique littéraire expose une méthode qui n'a rien de religieux : il s'agit de juger un texte sur ce qu'il fait, non sur ce qu'il déclare.

« al-Taṣwīr al-fannī fī al-Qurʾān »

Le livre de 1945, 264 pages au fonds, est celui qui lui vaut sa première réputation durable, et il est d'une nature singulière : il lit le Coran comme un critique littéraire. Sa thèse est que le procédé constant du texte est l'image — al-taṣwīr — et non l'argument : le Coran montre plutôt qu'il démontre, et sa force tient à cette façon de rendre sensible ce qu'il énonce. L'ouvrage est encore lu, y compris par des lecteurs qui refusent tout le reste de son œuvre.

L'Amérique, 1948-1950

Le ministère l'envoie aux États-Unis étudier les méthodes d'enseignement. Il y passe environ deux ans, notamment au Colorado, et en revient avec une hostilité qu'il exprimera longuement : ce qu'il décrit n'est pas la puissance américaine mais une forme de vie — le rapport à l'argent, au corps, à la religion réduite au divertissement social. Ce voyage est communément tenu pour le pivot de sa trajectoire.

L'engagement

Il rejoint les Frères musulmans au début des années cinquante et devient rapidement responsable de leur presse et de leur formation. Il avait auparavant publié un livre sur la justice sociale en islam, qui argumentait en termes économiques et juridiques. Le passage du critique littéraire à l'idéologue ne s'est donc pas fait d'un coup : il y a une décennie d'écrits intermédiaires.

1954, la prison

Arrêté après l'attentat manqué contre Nasser, il est condamné à quinze ans et passe l'essentiel de la décennie suivante en détention, malade. C'est en prison qu'il achève et révise l'œuvre de sa vie, commencée en livraisons de revue en 1952. Les conditions comptent : une grande part de son exégèse est écrite par un homme qui n'a pas de bibliothèque et qui écrit contre l'État qui le détient.

« Fī Ẓilāl al-Qurʾān »

Son commentaire du Coran est au fonds en un fichier de 4 034 pages. Ce n'est pas un tafsīr au sens classique : il n'accumule pas les avis des prédécesseurs, ne discute pas les chaînes de transmission et ne s'attarde pas sur la grammaire. Il propose une lecture continue, littéraire et militante, où chaque sourate est rapportée à la situation d'une communauté qui doit se constituer. C'est de loin le plus lu des commentaires coraniques du XXe siècle.

« Maʿālim fī al-ṭarīq », qui n'est pas ici

Le livre bref de 1964, écrit après une libération de quelques mois, est celui par lequel il a le plus pesé politiquement et celui qui a servi à son procès. Il y reprend d'Abū al-Aʿlā al-Mawdūdī — dont le rayon est ici — la notion de souveraineté divine, et applique le terme de jāhiliyya aux sociétés musulmanes contemporaines. Ce livre n'est pas au fonds, et son absence change ce que le rayon donne à lire.

1966

Réarrêté en 1965, jugé par un tribunal d'exception, Sayyid Quṭb est condamné à mort et pendu le 29 août 1966, à soixante ans. Sa sœur Amīna et son frère Muḥammad ont poursuivi la diffusion de son œuvre. La postérité de ses textes s'est faite en grande partie par des lecteurs qui n'ont retenu que le dernier, et contre lesquels d'autres ont invoqué les premiers.

Ce que le rayon donne, et ce qu'il tait

Deux volumes visibles, et ils dessinent une forme particulière : le critique littéraire de 1945 et l'exégète de la prison, sans le manifeste de 1964 qui les relie dans l'usage qu'on a fait de lui. La mesure sépare les deux : « التصوير الفني » porte une couche de texte dense, 2 066 signes par page, et se cherche au mot ; les 4 034 pages du « Ẓilāl » sont un scan sans texte, un signe par page. Un troisième fichier, doublon exact du second au nombre de pages près, est masqué au catalogue — et pour une fois le masquage est juste.