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Henry Kissinger

Auteur

Henry Kissinger

هنري كيسنجر

9 livres

À propos de l'auteur

Henry Kissinger (1923–2023), diplomate et politologue américain d’origine allemande, conseiller à la sécurité nationale puis secrétaire d’État (Nixon, Ford), prix Nobel de la paix 1973, théoricien influent (et controversé) de la Realpolitik.

Fürth, 1923

Heinz Alfred Kissinger naît le 27 mai 1923 à Fürth, en Bavière, dans une famille juive ; son père y est professeur. En 1938 la famille émigre à New York et s'installe à Washington Heights. Il a quinze ans, travaille dans une fabrique de blaireaux et suit les cours du soir.

Le retour en uniforme

Incorporé dans l'armée américaine en 1943, il devient citoyen des États-Unis sous les drapeaux et retourne en Allemagne avec le contre-espionnage. Il a vingt et un ans et administre un district de Hesse. Le parcours — l'enfant chassé qui revient en occupant — a nourri chez ses commentateurs plus d'explications qu'il n'en a lui-même données.

Harvard : Metternich et Castlereagh

Licence en 1950, doctorat en 1954. Sa thèse, publiée sous le titre A World Restored, porte sur le congrès de Vienne et sur deux hommes, Castlereagh et Metternich, qui refont un ordre européen après vingt ans de guerres. On y lit déjà tout ce qu'il soutiendra : qu'un ordre international tient moins à la justice de ses principes qu'à l'équilibre de ses forces, et qu'une paix jugée légitime par les vaincus dure plus longtemps qu'une paix imposée.

L'arme nucléaire

Nuclear Weapons and Foreign Policy (1957) le fait connaître hors de l'université : il y soutient que la menace de représailles massives est inutilisable parce qu'elle n'est pas crédible, et qu'il faut penser des guerres limitées. Le livre est discuté jusqu'à la Maison-Blanche.

Washington, 1969-1977

Conseiller à la sécurité nationale de Nixon en janvier 1969, puis secrétaire d'État à partir de septembre 1973 — il cumule les deux charges jusqu'en novembre 1975 —, il reste en fonction sous Ford jusqu'en janvier 1977. Peu d'universitaires ont exercé aussi directement ce qu'ils avaient théorisé.

Pékin, Moscou

Le voyage secret à Pékin en juillet 1971, préparé par l'intermédiaire du Pakistan, ouvre la voie à la visite de Nixon en 1972 et retourne le triangle stratégique de la guerre froide. Suivent la détente avec Moscou et les accords SALT, puis la navette entre Le Caire, Damas et Jérusalem après la guerre d'octobre 1973 — méthode à laquelle son nom est resté attaché.

Le Nobel de 1973

Le prix Nobel de la paix lui est décerné en 1973 pour les accords de Paris sur le Viêt Nam, conjointement à Lê Duc Tho, qui le refuse au motif que la paix n'est pas rétablie dans son pays. Deux membres du comité norvégien démissionnent. C'est l'attribution la plus contestée de l'histoire du prix, et elle l'était déjà le jour de l'annonce.

Diplomacy

Le livre de 1994, écrit à soixante et onze ans, est sa somme : trente et un chapitres qui vont de Richelieu à la fin de la guerre froide. Sa thèse est que la politique étrangère américaine oscille entre deux traditions — celle de Theodore Roosevelt, qui pense en termes d'équilibre et d'intérêt, et celle de Wilson, qui pense en termes de principes universels — et que l'Amérique a presque toujours agi selon la première en parlant le langage de la seconde.

World Order

En 2014, à quatre-vingt-onze ans, il revient à la même question par l'autre bout : il n'existe pas un ordre mondial mais plusieurs conceptions régionales de l'ordre — westphalienne en Europe, impériale en Chine, islamique, américaine — qui ne se recouvrent pas, et le problème du siècle est de les faire coexister sans qu'aucune ne prétende valoir pour toutes.

Sa mort

Il meurt le 29 novembre 2023 à Kent, dans le Connecticut, à cent ans, un an après avoir publié un dernier livre sur le commandement.

Ce que la bibliothèque conserve

Neuf fichiers, mais six ouvrages seulement, en quatre langues — et c'est le rayon le plus trompeur du fonds pour qui se fie aux titres. Vérifié fichier par fichier, sur les pages et non sur le catalogue.

DIPLOMACY y est quatre fois. L'anglais s'arrête à la page imprimée 290, en plein paragraphe, soit environ le tiers du livre. Le français — Diplomatie, Fayard, traduit par Marie-France de Paloméra — est complet, 833 pages, et c'est le seul des quatre à porter une couche texte, donc le seul où l'on puisse chercher un mot. Les deux fichiers arabes portent le même livre : même titre, al-Diblūmāsiyya min al-ḥarb al-bārida ḥattā yawminā hādhā, même traducteur Mālik Fāḍil al-Budayrī, même éditeur al-Ahliyya, même couverture, et le texte de l'un enchaîne exactement sur celui de l'autre. Mais ce sont DEUX NUMÉRISATIONS DISTINCTES, et non deux copies d'un même fichier : l'une pèse 9,7 Mo pour 579 pages, l'autre 18,4 Mo pour 575, et elles ne comptent pas le même nombre de feuillets liminaires — à la trois centième page du fichier, l'une donne la page imprimée 298 et l'autre la 300. Qui cite d'après l'une ne retrouvera pas la même page dans l'autre.

WORLD ORDER y est deux fois, en anglais (265 p.) et en arabe (al-Niẓām al-ʿālamī, 396 p.).

Restent trois livres uniques : White House Years, premier volume de ses mémoires, 1 751 pages en anglais ; un second volume de mémoires en arabe ; et Darb al-salām al-ṣaʿb, traduit par le docteur ʿAlī Muqallad, 436 pages.

Autrement dit : qui veut lire Diplomacy en entier doit prendre le français, et qui prend l'anglais s'arrêtera avant la seconde guerre mondiale sans être prévenu.