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Auteur

Khālid Muḥammad Khālid

خالد محمد خالد

2 livres

À propos de l'auteur

Khālid Muḥammad Khālid (1920–1996), écrivain égyptien formé à al-Azhar. Son « Min hunā nabdaʾ » (1950) plaida pour un État civil et contre le gouvernement des clercs, ce qui lui valut un procès et une réponse directe de Muḥammad al-Ghazālī. Il revint plus tard sur plusieurs de ses positions et consacra sa maturité à des biographies des compagnons du Prophète, écrites en littérateur plutôt qu'en polémiste.

Un azharite du delta

Khālid Muḥammad Khālid naît en 1920 dans le delta du Nil et suit le cursus d'al-Azhar, dont il sort diplômé de la faculté de la charia en 1947. Rien dans cette formation ne laissait prévoir le livre qu'il publierait trois ans plus tard, ni le procès qui s'ensuivrait. C'est un homme du dedans qui va poser la question du dehors.

« Min hunā nabdaʾ », 1950

« من هنا نبدأ », 246 pages au fonds, paraît en 1950 et fait scandale. Khālid y soutient que l'islam est une religion et non un État, que le pouvoir temporel exercé au nom de Dieu produit une caste sacerdotale — il emploie le mot « كهنوت » —, et que l'Égypte a besoin de justice sociale et de libertés plutôt que d'un gouvernement religieux. Le livre est interdit et son auteur poursuivi.

Le procès, et l'interdiction levée

L'affaire s'est réglée devant les tribunaux, et l'interdiction a été annulée : le livre a continué de circuler, largement, précisément parce qu'on avait voulu l'arrêter. Il a suscité des réponses immédiates, dont la plus connue est celle de Muḥammad al-Ghazālī, publiée sous un titre calqué sur le sien. Une bonne partie du débat égyptien des années cinquante sur la religion et l'État passe par cet échange.

L'argument, tel qu'il le pose

Sa thèse n'est pas que la religion doive se taire sur les affaires publiques, mais qu'aucun homme ne peut gouverner au nom de Dieu sans s'arroger une autorité qui n'appartient à personne. Il distingue donc le contenu moral de la religion, qui engage le croyant, de la prétention institutionnelle à exercer le pouvoir en son nom. C'est un argument sur la nature de l'autorité, non sur la valeur de la foi.

« Rijāl ḥawl al-Rasūl »

Sa popularité durable ne vient pourtant pas de là mais d'un tout autre registre : ses portraits des Compagnons du Prophète, écrits dans une prose narrative accessible, ont été lus par des générations bien au-delà des cercles savants. Le même homme a donc produit le livre le plus contesté de son temps et l'un des plus consensuels.

« Abnāʾ al-Rasūl fī Karbalāʾ »

« أبناء الرسول في كربلاء », 187 pages au fonds, relève de cette seconde veine. Le récit des événements de Karbalāʾ y est conduit avec un parti pris de narration, qui cherche à rendre la situation intelligible plutôt qu'à établir des responsabilités doctrinales. C'est un sujet où l'écriture engage, et le ton qu'il y prend n'est pas indifférent.

La rétractation de 1981

Trente ans après « من هنا نبدأ », Khālid publie un livre où il revient sur sa thèse centrale : il y soutient que l'islam comporte bien une dimension politique et que sa position de 1950 était excessive. La rétractation est explicite, et elle est rare — peu d'auteurs reviennent publiquement sur le livre qui les a fait connaître, encore moins pour donner raison à leurs contradicteurs.

Ce qu'on fait d'un auteur qui se dédit

Les deux positions ont été récupérées, chacune par le camp qu'elle arrangeait, et l'on cite encore le Khālid de 1950 comme celui de 1981 sans toujours signaler qu'il s'agit du même homme. Pour un lecteur, la leçon est de méthode : une citation sans date ne dit rien, et la trajectoire d'un auteur fait partie de ce qu'il a écrit.

La fin

Il meurt en 1996, après une œuvre nombreuse partagée entre la biographie religieuse et l'essai politique. Son nom reste attaché à une question qu'il a posée avant beaucoup d'autres en Égypte, et qu'il a été assez libre pour reprendre contre lui-même.

Ce que le rayon donne

Deux volumes seulement, et ils tombent de part et d'autre de la ligne : le livre qui lui a valu un procès, et l'un de ceux qui lui ont valu son public. C'est un raccourci fidèle de ce qu'il a été. Les deux portent une couche de texte et se cherchent au mot — 1 894 et 1 657 signes par page. Le livre de 1981, celui de la rétractation, n'est pas au fonds : le rayon donne donc la thèse, et non son retrait.