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Auteur

Aḥmad b. Shuʿayb al-Nasāʾī

أحمد بن شعيب النسائي

1 livre

À propos de l'auteur

Aḥmad b. Shuʿayb al-Nasāʾī (830–915), traditionniste du Khurasan, auteur de l'un des six recueils canoniques du hadith sunnite. Réputé pour la sévérité de ses critères, il composa d'abord un recueil vaste puis n'en retint que ce qui résistait à son propre examen — le « Mujtabā ». La tradition rapporte qu'il mourut des suites de violences subies pour avoir refusé de composer un éloge de Muʿāwiya.

Nasā, 215 de l'hégire

Abū ʿAbd al-Raḥmān Aḥmad b. Shuʿayb al-Nasāʾī naît vers 215 (830) à Nasā, dans le Khurāsān, et prend le nom de sa ville. Il commence très jeune la collecte du hadith et voyage pour l'acquérir — Khurāsān, Irak, Hedjaz, Syrie — avant de s'établir en Égypte, à Fusṭāṭ, où il enseignera l'essentiel de sa vie.

Le plus exigeant des six

Il est l'un des six auteurs dont les recueils ont été retenus par la tradition sunnite, et celui dont on dit régulièrement qu'il appliquait les conditions les plus sévères. Cette réputation ne tient pas à une doctrine mais à une pratique : il écartait des transmetteurs que d'autres acceptaient, et il a consigné ses refus dans un ouvrage à part, consacré aux narrateurs faibles et abandonnés.

Deux livres, dont un abrégé

Il composa d'abord un grand recueil, puis en tira un abrégé où il ne retint que ce dont il répondait. C'est cet abrégé — « al-Mujtabā » — qui est devenu le « Sunan al-Nasāʾī » du canon. Le détail importe : le livre qui circule est celui d'un homme qui a relu son propre travail et en a retiré la moitié.

Rangé par chapitres de droit

Contrairement au recueil d'Ibn Ḥanbal, présent dans ce fonds et ordonné par compagnon transmetteur, le Sunan est rangé par matière juridique : la purification, la prière, le jeûne, le commerce, le mariage. Cette architecture en fait un instrument utilisable pour le juriste — on ouvre au chapitre — et c'est la raison pour laquelle les quatre « Sunan » ont été retenus à côté des deux « Ṣaḥīḥ ».

« Khaṣāʾiṣ ʿAlī »

Il a rassemblé dans un volume distinct les traditions relatives aux mérites de ʿAlī b. Abī Ṭālib. Le geste n'était pas neutre dans le climat de son temps : réunir ce matériau, en l'authentifiant, revenait à prendre parti dans une querelle qui n'était pas seulement historique. Ce livre lui a valu des ennuis dont les sources ont gardé plusieurs versions.

Une mort que les sources racontent autrement

La tradition rapporte qu'interrogé à Damas sur les mérites de Muʿāwiya, il répondit d'une manière qui indisposa l'assistance, qu'il fut frappé, et qu'il mourut des suites de cette agression en 303 (915). Les sources ne concordent ni sur le lieu — Ramla, La Mecque — ni sur les circonstances exactes. Ce qui est constant, c'est la date et le fait qu'on ait rattaché sa mort à cette affaire.

La marge de ce volume

L'exemplaire du fonds porte en marge la glose d'al-Suyūṭī, le polygraphe égyptien du XVe siècle dont ce fonds tient par ailleurs un rayon entier. Cette disposition — le texte au centre, un commentateur de six siècles plus tard dans la marge — est la forme matérielle de la transmission : on ne lisait pas le Sunan seul, on le lisait annoté.

Ce que le canon a fait de lui

Le classement en « six livres » n'est pas de son fait ; il s'est fixé après lui, par l'usage, et a transformé des recueils composés dans des buts différents en un corpus de référence. Al-Nasāʾī a donc un statut qu'il n'a pas choisi, et son recueil est aujourd'hui cité comme une autorité alors qu'il l'avait conçu comme un tri — c'est-à-dire comme un jugement révisable.

Un fonds où les six ne sont pas ensemble

Ce rayon ne tient qu'un volume, et les autres recueils du canon ne sont pas tous représentés dans cette bibliothèque. Un lecteur ne peut donc pas y faire ce que l'on fait ordinairement avec ces livres : comparer les versions d'une même tradition d'un recueil à l'autre. Le Sunan y est présent comme texte, non comme membre d'un ensemble.

Mille quatre cent cinquante-six pages muettes

Le volume est un scan sans couche de texte : un signe par page. Le classement par chapitres limite les dégâts, puisqu'on peut ouvrir à la matière voulue sans rien chercher — c'est l'avantage que le Musnad d'Ibn Ḥanbal n'a pas. Mais rien ne remplace la recherche d'un mot dans mille quatre cent cinquante-six pages quand on cherche une formule, un nom de transmetteur ou une variante, c'est-à-dire précisément ce pour quoi on ouvre un recueil de hadith.