Colin Flint, géographe britannico-américain, professeur de géographie politique (Utah State University). Spécialiste de géopolitique, de la guerre et des réseaux mondiaux, il est l’auteur de manuels de référence largement utilisés.
Un géographe chez les politistes
Colin Flint est géographe de formation, et professeur au département de science politique de l'université d'État de l'Utah.
Ce déplacement d'une discipline à l'autre n'est pas anecdotique : c'est le sujet même de son travail. La géopolitique, telle qu'il l'enseigne, consiste à prendre au sérieux le fait que la politique se déroule quelque part — que le lieu et l'échelle ne sont pas le décor de l'action mais une partie de ce qui la rend possible.
Il a écrit, avec Peter Taylor, un manuel de géographie politique ; et seul, celui que ce fonds conserve.
Introduction to Geopolitics
Le livre est un manuel, au sens plein : il donne des outils d'analyse plutôt qu'une thèse.
Il s'y agit de lire l'action des États — mais aussi celle des acteurs qui n'en sont pas : mouvements, réseaux, entreprises — dans leur concurrence pour les ressources et le pouvoir.
Le premier chapitre, « A Framework for Understanding Geopolitics », pose les deux notions sur lesquelles tout le reste repose : le lieu et l'échelle. Nous y revenons plus bas, pour une raison de catalogue.
La première édition
L'exemplaire conservé ici porte, sur sa page de garde : first published 2006.
C'est la première édition. Le livre en est aujourd'hui à sa cinquième.
Cela compte plus ici qu'ailleurs. Un manuel de géopolitique vieillit par ses exemples : ce volume a été écrit avant la crise de 2008, avant les révolutions arabes, avant que l'Arctique ne devienne un objet de dispute. Ses outils d'analyse restent ; les cas qu'il traite datent, et le lecteur doit le savoir avant de commencer.
Trois fichiers, un livre
Sa page montre deux cartes ; le fonds porte trois fichiers, dont un masqué. Et les trois ne font qu'un seul ouvrage.
Deux d'entre eux sont le même fichier, à l'octet près : même empreinte, mêmes 2 339 775 octets, mêmes 666 116 caractères de texte. Introduction to Geopolitics y figure donc en double.
Le troisième est un extrait de treize pages, catalogué comme un livre distinct sous le titre « A Framework for Understanding Geopolitics ». C'est le premier chapitre du même ouvrage : des phrases prises dans l'extrait se retrouvent mot pour mot dans le volume complet, et le titre courant du livre porte ce même intitulé à chaque page du chapitre.
Autrement dit, un lecteur qui ouvrirait les trois croirait tenir trois textes. Il en tient un, plus les treize premières pages de ce même un.
Une note de catalogueur restée dans le nom de l'auteur
Ce troisième fichier est entré au catalogue sous un nom d'auteur peu ordinaire : « Colin Flint (non imprimé sur les pages lues ; attribution d'après le titre courant “Introduction to Geopolitics”) ».
Quelqu'un, ne trouvant pas le nom de l'auteur sur les pages qu'il avait sous les yeux, l'a déduit du titre courant et a consigné honnêtement son raisonnement — mais dans le champ du nom, faute d'un autre endroit où le mettre.
Il avait raison : c'est bien Colin Flint, et c'est bien Introduction to Geopolitics. La déduction était juste et la trace en méritait d'être gardée. Elle méritait seulement de l'être ailleurs.
Ce que la bibliothèque conserve
Un livre : Introduction to Geopolitics, de Colin Flint, première édition, Routledge, 2006, 257 pages — présent deux fois sous le même titre, et une troisième fois sous la forme de son premier chapitre seul.
Rien d'autre de lui : ni Geopolitical Constructs, ni Near and Far Waters, ni le manuel de géographie politique écrit avec Peter Taylor.
Et rien en arabe. C'est, sur ce rayon, un des rares auteurs dont ce fonds ne porte aucune traduction.