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Ali Shariati

Auteur

Ali Shariati

علي شريعتي

36 livres

À propos de l'auteur

Ali Shariati (1933–1977), sociologue des religions iranien. Fils d'un enseignant de Mashhad, il fut instituteur avant de partir pour Paris, où il soutint une thèse de philologie et suivit l'enseignement de Louis Massignon, de Jacques Berque et de Georges Gurvitch. Rentré en Iran, il enseigna l'histoire à l'université de Mashhad, puis donna à Téhéran, à la Husseiniyya Ershad, des conférences publiques dont la transcription forme l'essentiel de son œuvre. Il y applique les instruments de la sociologie à l'histoire religieuse : Histoire et connaissance des religions, Méthode pour connaître l'islam, Religion contre religion — où il soutient que le fait religieux peut servir la domination comme l'émancipation. Il traite aussi de figures — Fāṭima, ʿAlī — en objets d'histoire, et lit le pèlerinage comme un parcours de signes. Mort en Angleterre en 1977.

Naissance et premier milieu

ʿAlī Sharīʿatī naît en 1933 à Mazīnān, près de Sabzevār, au Khurāsān. Son père, Muḥammad-Taqī Sharīʿatī, enseignait le Coran à Mashhad et y animait un centre d'étude où se croisaient lecture religieuse et questions du siècle. C'est là, et non au séminaire, que se forme le regard qu'il portera sur la religion.

Instituteur, puis étudiant

Il sort de l'école normale et enseigne quelques années dans le primaire — expérience dont son écriture gardera la trace, tournée vers l'auditoire plutôt que vers le pair. Il obtient ensuite une licence de lettres à Mashhad, puis une bourse pour Paris.

Paris

À la Sorbonne, il soutient une thèse de philologie sur un texte persan médiéval, mais l'essentiel se joue ailleurs : il suit Louis Massignon, dont il devient le collaborateur, ainsi que Jacques Berque et Georges Gurvitch. De Massignon lui vient l'attention aux figures spirituelles, de Gurvitch la sociologie, de Berque le regard sur les sociétés musulmanes.

Un sociologue des religions

Rentré en Iran, il enseigne l'histoire à l'université de Mashhad. Sa discipline n'est ni le fiqh ni le kalām : il applique aux faits religieux les instruments de la sociologie — classes, institutions, fonctions sociales des croyances. Tāʾrīkh wa-maʿrifat al-adyān, dont la bibliothèque conserve le premier volume, en est l'exposé le plus systématique.

La Husseiniyya Ershad

De 1965 à 1973, il donne à Téhéran des conférences publiques dans cette institution nouvelle, devant des auditoires nombreux. Ses livres en sont presque tous issus : ce sont des transcriptions, ce qui explique leur allure parlée, leurs reprises et leur force d'adresse. Le catalogue en conserve une trentaine.

« Religion contre religion »

Dīn ḍidd al-dīn, au fonds, porte sa thèse centrale : le fait religieux n'est pas d'un seul bloc, et la même tradition peut servir la domination ou l'émancipation selon l'usage qu'en font les hommes. C'est une proposition de sociologue, non de théologien — elle porte sur les fonctions sociales d'une croyance, pas sur sa vérité.

Lire les figures en historien

Fāṭima hiya Fāṭima et al-Imām ʿAlī fī miḥanihi al-thalāth, tous deux au catalogue, traitent des figures fondatrices comme des objets d'histoire et de sociologie. Manhaj al-taʿarruf ʿalā al-islām propose de même une méthode d'accès à l'islam — par sa structure et ses concepts plutôt que par l'énumération de ses prescriptions.

Le pèlerinage comme parcours de signes

Al-Ḥajj, la « cinquième obligation », que le fonds conserve en deux éditions, lit les rites du pèlerinage comme une suite de signes à déchiffrer : chaque station y vaut pour ce qu'elle signifie du rapport de l'homme au collectif. C'est peut-être son texte le plus lu hors d'Iran.

Mort

Il meurt en Angleterre en 1977, à quarante-quatre ans. Il est enterré à Damas, près du sanctuaire de Sayyida Zaynab. Son œuvre, faite de conférences plutôt que de traités, a circulé en arabe presque aussitôt qu'en persan — ce dont témoignent les trente-six titres que la bibliothèque en conserve.